Afrique et Coronavirus : Impact économique

Mis à jour il y a 3 mois

La limitation des déplacements des personnes et des marchandises liées au COVID-19 pèse fortement sur les économies du continent Africain. L’économie africaine repose notamment sur le tourisme et les exportations des matières premières (notamment les hydrocarbures). Les effets indirects de cette crise sanitaire se sont traduit par la chute des cours des matières premières, comme le pétrole, le cuivre, le cobalt, le fer et le zinc, clefs du commerce entre l’Afrique et la Chine.

L’impact du marché des Hydrocarbures pour l’Afrique :

La pandémie a fait chuter brutalement les prix des hydrocarbures. Une catastrophe pour de nombreux pays africains, dépendants de cette manne. Le prix du baril de pétrole de référence, le Brent, s’est échangé aux alentours de 28 dollars ce mercredi 15 avril sur les marchés. Il était encore à un peu plus de 50 dollars au mois de février.

Le Nigeria, premier pays producteur d’hydrocarbures du continent, est le pays le plus fragilisé par cette violente chute des prix. La production de pétrole y représente plus de la moitié des recettes publiques. Dans son budget 2020, le gouvernement avait fixé le prix du pétrole à 57 dollars le baril, avant d’assister à une plongée des prix de plus de 30 % depuis le début de la crise sanitaire. Ceci pesant sur l’économie d’un pays sortant à peine d’une période de récession, à la suite d’une crise déjà liée à la chute des cours du pétrole.

L’Angola, deuxième pays producteur d’or noir sur le continent, connaît également une situation économique fragile. Les exportations d’hydrocarbures représentent un peu plus de 70 % des recettes de ce pays qui, comme le Nigeria, a connu une récession, à la suite de la même chute des prix du baril de pétrole en 2015. Le pays comptait sur une reprise économique avec une hausse modérée des prix du baril.

L’Algérie, troisième producteur africain de pétrole, a dû revoir à la baisse ses prévisions de croissance. En effet, le pays est fortement dépendant de ses exportations de pétrole et de gaz, qui représentent un peu plus de 50 % des recettes de l’État. Le 10 mars dernier, le gouvernement s’est réuni en urgence pour faire adopter une loi de finances rectificative.

Coronavirus : interruption du tourisme en Afrique

Du côté du tourisme – du loisir et des affaires -, des pays comme le Maroc, l’Égypte, l’Afrique du Sud, l’Éthiopie et le Kenya, qui avaient commencé à séduire la clientèle chinoise, souffrent également. En 2019, 150 000 touristes chinois sont venus au Maroc, et 250 000 étaient espérés en 2020 selon les prévisions de l’Office national du tourisme (ONMT).

En 2020, 15 millions de touristes étaient attendus en Égypte, qui comptait enfin renouer avec les chiffres enregistrés avant la révolution de 2011. Ce secteur représente 11 milliards de dollars de recettes pour les caisses de l’État égyptien.

Comme l’Égypte, la Tunisie a souffert de l’instabilité politique et sécuritaire, au lendemain de la révolution de 2011. À la suite des attentats du musée du Bardo et de l’attentat de Sousse en 2015 contre des touristes, le pays avait vu sa fréquentation touristique chuter brutalement. Les chiffres de 2019 traduisaient cependant une reprise de l’activité, avec un peu plus de 7 millions de visiteurs sur le territoire. Le tourisme fait vivre un peu plus de 400 000 personnes en Tunisie.

De leur côté, ces dernières décennies, les pays de l’Afrique de l’Est, tels que l’Ethiopie et le Kenya, ont développé de grandes compagnies aériennesEthiopian Airlines est devenu un géant du transport aérien sur le continent. Face aux désastres dus à la pandémie, le secrétaire général de Communauté de l’Afrique de l’Est, Libérat Mfumukeko, se montre pessimiste :  » L’impact sur les compagnies aériennes nationales dans la région est grave. L’impact réel doit encore être étudié mais, il est clair que le tourisme et toute l’industrie de l’hospitalité sont très largement affectés », a-t-il déclaré lors d’un point presse le 14 mars dernier au siège de l’institution.

La Banque mondiale a rendu public un rapport sur la conjoncture économique africaine démontrant que la croissance en Afrique subsaharienne devrait se rétracter fortement entre 2019 et 2020, passant de 2,4 % à  -5,1 %, plongeant la région dans sa première récession depuis plus de 25 ans.

Publication originale le 15 avril 2020, mise à jour le 15 avril 2020

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