Quel avenir pour l’assurance-vie ?


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L’assurance-vie reste le placement préféré des français, 39% des ménages détiennent un contrat et plusieurs caractéristiques peuvent expliquer ce succès. Pourtant, pour la première fois, son rendement a été inférieur à l’inflation et cette solution n’est plus forcément la panacée. De manière général, l’assurance-vie n’est pas assez investie dans l’économie réelle et des nouvelles pistes s’avèrent nécessaires.

L’assurance-vie : Les raisons du succès

L’assurance-vie peut être utilisée dans de nombreuses optiques :  comme un support d’investissement long-terme, dans une perspective de transmission patrimoniale, ou d’épargne de précaution. En France, elle est toujours principalement investie en contrats euros (dont les rendements sont faibles, mais le capital garanti) au détriment des contrats en unités de compte plus dynamiques et plus risqués.

Une enquête de 2014 réalisée par la Fédération Française des Assurances révélait les portraits-types et le principales motivations des souscripteurs :

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  • Par ailleurs, l’âge moyen des souscripteurs de contrats d’assurance-vie à adhésion individuelle était de 53 ans en 2014. (avec une part importante de retraités) ;
  • Le revenu brut annuel moyen du ménage étant de 41 200 euros (moyenne de ménages français : 34 300 euros) ;
  • Le montant moyen du patrimoine financier (produits d’épargne, placements financiers et assurance vie) déclaré par les souscripteurs était de 102 100 euros. Mais plus de la moitié des souscripteurs déclarait un patrimoine financier inférieur à 45 000 euros (moyenne française 45 400 euros).

Globalement la l’assurance-vie a bénéficié de plusieurs avantages :

  • Au niveau fiscal : sans se lancer dans un détail exhaustif étant donné les différentes situations (et la réforme issue du PFU), l’assurance-vie a globalement bénéficié d’un cadre fiscal attractif (exonération en cas de situation spéciale par exemple : licenciement, franchises en cas de succession, fiscalité dégressive sous réserve d’une durée de détention de 8 ans) ;
  • Par ailleurs, au niveau patrimonial et des banques privées, le contrat d’assurance-vie peut être utilisée comme « collatéral » dans de la cadre de montages : réalisation d’un investissement intégrant des montages fiscaux (immobilier notamment) avec un financement 100% via emprunt avec taux préférentiel grâce à un nantissement du contrat d’assurance-vie ;
  • A la différence des livrets défiscalisés classiques (livret A…), il n’y a pas de limite de versement pour l’assurance-vie et c’est un produit particulièrement d’adapté aux gros patrimoines. Au-delà d’un certain seuil, il est possible de bénéficier d’une gestion dynamique dans le cadre d’une gestion de fortune mandatée afin de viser un rendement supérieur aux fonds euros. Certains montages permettaient même jusqu’à récemment de bénéficier de flux réguliers issus du contrats (mix capital et intérêt) en jouant sur le bouclier fiscal (50% d’imposition maximum sur un « revenu fiscal » minimisé) pour contourner l’ISF.

Les challenges

Cependant, la baisse continue des taux d’intérêt sur les dernières années a eu raison du niveau de rémunération des contrats euros qui continuent pourtant à constituer la grande majorité des encours. Le rendement moyen des fonds euros est ainsi passé de 5,30% en 2000 à moins de 2% en 2018. Pour rappel, la rémunération des contrats euros est lissée par les assureurs (via la provision pour participation aux bénéfices PPB), et globalement, leur performance historique a pourtant moins baissé que la courbe des taux.

Les assureurs constituent des réserves afin de pouvoir faire face aux éventuels rachats de contrats. Avec le mouvement de hausse des taux qui a commencé aux Etats-Unis, et la fin de la politique accommodante de la BCE, deux mouvements contradictoires se font face. D’un côté, ce mouvement devrait conduire à terme à une remontée des rendements, de l’autre en cas de remontée trop brusque, les épargnants pourraient être tentés d’arbitrer en faveur de produits obligataires notamment, plus rémunérateurs.

Ce risque de liquidité avait été mis en avant par le Haut conseil de Stabilité Financière (HCSF) : en cas de rachat massif les assureurs pourraient être dans l’incapacité de faire face aux demandes de rachats. L’instance a donc enjoint les assureurs à reconstituer leur réserve et à modérer le niveau de rémunération des contrats euros (ce qui les rend d’autant plus susceptibles de faire l’objet de demandes de rachat…). Dans le cadre de la loi Sapin II, il a ainsi été introduit la possibilité de bloquer les rachats de contrats de droit français pour une période déterminé en cas de risque systémique. Malgré certaines points pouvant freiner le mouvement (durée minimum de détention pour pouvoir jouer à plein la fiscalité, attentisme), le mouvement, peut-être brutal lorsqu’on considère que 50% des encours sont concentrés dans les mains de 10% des souscripteurs les plus aisés, qui sont a priori les plus réactifs.

Par ailleurs, coup de canif dans le contrat, certains assureurs offrent désormais un garantie en capital « brute de frais de gestion » et non « nette de frais de gestion », point qui peut avoir son importance, ces frais pouvant représenter jusqu’à 1% annuellement.

Alors que la détention de valeur mobilières a tendance à baisser chez les français, et que ces derniers ont privilégié les liquidités, ils conservent leur confiance à l’assurance-vie. Ils ont malgré tout commencé à s’orienter progressivement vers les contrats en Unité de Comptes (UC) investis sur des actifs plus risqués. L’année 2018, et les mauvaises performances des marchés financiers après un cycle de hausse de 10 ans, aura-t-elle raison de cette stratégie ?

Les nouvelles pistes

Au-delà de l’évolution de la hausse des taux, l’assurance-vie fait face à une volonté politique de réoriente l’épargne vers l’économie réelle et les actifs risqués.

Ainsi, source potentielle de concurrences, la réforme de l’épargne salariale et des PERP, rend désormais possible une sortie en rente mais également en capital avec par ailleurs de avantages fiscaux.

Il a même été un temps évoqué la fin des contrats euros garantis, projet qui a cependant fait long feu. Point à noter cependant : la simplification des contrats euro-croissance, lancés en 2014. Ayant vocation à constituer le troisième pilier de l’assurance-vie, les contrats euro-croissance, sont à mi-chemin entre les contrats euros et les contrats en UC. Ces contrats ont vocation à favoriser la prise de risque en introduisant la possibilité d’investir dans des entreprises et des PME. La garantie en capital étant totale ou partielle et uniquement à l’issue d’un délai de conservation de huit ans. La contrepartie, obtenir une rémunération supérieure au contrats euros tout en conservant une certaine protection.

Autre innovation de la loi PACTE : une amélioration de l’information des souscripteurs, une meilleure transparence sur les frais et l’obligation pour les assureurs de proposer au moins un fonds d’Investissement Socialement Responsable (ISR) pour l’offre de contrats en Unités de compte.

Cependant, quelques soient les réformes, le monde de l’assurance-vie (et de la gestion d’actifs en général) au-delà des nouveaux défis qu’il rencontre, reste soumis à la forte aversion au risque des français. Sauf à se cantonner à une approche purement défensive (préservation du capital), il est difficile de combiner rendement, capital garantie et liquidité… Pour cette raison entre autres, les assureurs ne consacrent que 13% de leurs investissements à des entreprises françaises.

Si l’on veut durablement réorienter l’épargne au service de l’économie il faut faire feu de tous bois et favoriser la prise de risque. L’assurance-vie pourrait profiter du mouvement : la loi Macron de 2015 a facilité l’accès aux fonds de private equity dans le cadre fiscal des contrats d’assurance vie, en réglant le problème de liquidité des titres de private equity en cas de rachat ou de transmission du contrat (l’assureur devenant la contrepartie acheteuse). Le crowdfunding issu de la même loi, et notamment le « crowdlending » qui fournit un accès via des plateformes agréées à des obligations non cotés amortissables ou in fine pour un rendement cible de 6% brut, pourrait constituer un allié pour les épargnants en manque de rendements avec un couple risque/rendement relativement normé et maîtrisable. Les acteurs du crowdlending et les PME pourraient trouver un allié de choix pour développer ce marché si les assureurs étaient amené à pouvoir s’y impliquer. Dans le contexte qui s’ouvre en 2019, toutes les initiatives seront nécessaires pour continuer à soutenir l’investissement et la croissance économique.


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