Baromètre du crowdlending – novembre 2016


Notre baromètre du crowdlending

Le baromètre WeShareBonds analyse mensuellement l’évolution du crowdlending en France et fournit une revue brève des actualités marquantes des secteurs du crowdfunding et de la Fintech. Après un record de 9,7 millions d’euros prêtés au mois de septembre et un mois d’octobre remarquable (8,4 m€), nos 22 acteurs ont cette fois-ci levé 8,3 millions d’euros.

Ce baromètre est un complément à celui publié mensuellement par Mathieu Georges sur le blog crowdlending.fr, et qui constitue la référence actuelle du marché sur ce sujet. Voir le Baromètre Crowdlending.fr d’octobre 2016

Les chiffres du mois

Le graphique ci-dessous relève les montants levés sur les plateformes de P2P Lending en 2015 et 2016. Environ 72 millions d’euros ont été prêtés depuis le début de l’année. Au même stade de l’année 2015, seulement 26,5 millions d’euros avaient été levés.

Ce mois-ci uniquement, environ 8,3 millions d’euros ont été prêtés contre 6 millions d’euros en novembre 2015

Mais derrière cette expansion continuelle du marché se cache de nombreuses disparités entre les plateformes. En témoignent les 38,5 millions d’euros levés par Lendix (4,1 m€ ce mois-ci) loin devant  Lendosphère qui a tout de même récolté plus de 7,6 millions d’euros en 2016.
A noter ce mois-ci la très belle performance de credit.fr (1,1 m€, son record) qui continue son avancée et surtout les 400 k€ levés par WeShareBonds ce qui la positionne cinquième ce mois-ci.

Le crowdlending repose également sur une bonne gestion du risque qu’il est intéressant de commenter. Le tableaux ci-dessous reprend notamment les taux de défaut des différentes plateformes. (Pour en savoir plus sur les taux de défaut, reportez-vous à notre article sur les taux de défaut et les cotations Banque de France)

PlateformeAgrémentProduction depuis le 01/01/16Dossiers financés depuis le 01/01/16Taux de défaut (en nombre de projets) source plateforme
Lendix
(+Finsquare)
IFP38 582 321 €1271,35%
Lendosphère (environnement)IFP 7 558 868 €
250%
UnilendIFP 6 205 850 €

948,20%
Credit.frIFP 5 674 000 €
990% (incidents de plus de 30 jours)
LendopolisIFP4 544 000 €

623,84%
Prêt upIFP 1 794 939 €

821,23%
ClubfundingCIP 1 552 000 €
50%
PrexemIFP 1 179 000 € 310%
LumoIFP 943 150 €
5N/A
Greenchannel (environnement)CIP919 000 €
3N/A
WeShareBondsIFP/CIP 900 000 €
50%
BoldenIFP 668 000 €

32N/A
InvestbookCIP 647 000 €

4N/A
Enerfip (environnement)IFP/CIP 487 200 €
30%
TributileIFP/ 476 000 €
6N/A
Les EntrepreteursIFP 423 600 €
100%
RaizersIFP 230 500 €
1N/A
Pret StoryIFP 85 010 €
3N/A
PrêtgoIFP 84 396 €
7N/A
PretPMEIFP 42 000 €
1N/A
Gwenneg (environnement)IFP/CIP 40 870 €
10%
EkairosIFP 0 €0N/A

L’actualité du mois

Nous avions terminé l’actualité du mois d’octobre en évoquant la mise en place par les leaders du P2P Lending américain d’un consortium visant à lutter contre la fraude sur les plateformes ; ce mois de novembre a commencé avec l’annonce de la création d’un autre consortium, LaBChain mené par la Caisse des dépôts et comprenant 25 partenaires (Natixis, Crédit Agricole, CNP Assurances…)  dont le but est l’usage de la blockchain pour des prêts de titres, et plus exactement pour la gestion du « collatéral », c’est-à-dire l’actif utilisé pour garantir le crédit (en espèces, en obligations ou en lettres de crédit), dans ces opérations. Ayant cette même volonté d’avancer avec les technologies du moment et surtout de contrer la Silicon Valley, Goldman Sachs a lancé sa plateforme de crédit à destination des particuliers, changeant ainsi sa stratégie de focalisation sur les clients fortunés. A l’instar de la Banque Postale et WeShareBonds, Natixis et Payplug ont choisi ce mois-ci la voie de la coopération, le premier entrant au capital du second  poursuivant ainsi une stratégie de renforcement de son offre sur les métiers d’acceptation du paiement en ligne (S-Money, filiale de BPCE, qui a racheté lepotcommun.fr, Depopass et e-cotiz, va être déplacé dans Natixis comme PayPlug). Et pour les acteurs traditionnels envisageant un revirement total, Wake Up, une école de la fintech pour former les banquiers a été créée.

Toutes ces évolutions sont peu surprenantes tant la fintech gagne en popularité mondialement. En france par exemple, une personne sur deux a recours aux services d’une fintech, la gestion de portefeuille étant le service le plus utilisé (44%). Si l’assurance-vie reste plébiscitée par les français (une personnes sur deux dispose d’un contrat), la loi Sapin II à laquelle  70% des épargnants s’opposent, pourrait jouer en faveur du crowdlending par exemple et accélérer la suprématie des fintech. Placements et épargne toujours avec l’immobilier dont les taux avaient atteint un seuil plancher et commencent à remonter en ce mois de novembre.

Sans surprise et puisque l’on est en France, cette popularité a conduit les autorités à une réglementation accrue : les fintech seront bien privées de leur « sandbox » qui existe en Angleterre, revendication récurrente de leur part leur permettant d’avoir une réglementation plus légère et plus spécifique. En effet, ce régime d’exception va à l’encontre « de l’équité de trai­tement » entre les acteurs ­tradi­tionnels. L’ACPR a par exemple publié ses recommandations sur « l’usage des médias sociaux à des fins com­merciales ». Les financiers 2.0 ne retwitteront plus tout à fait comme avant…
Dans un registre moins contraignant, les minibons ont été implémentés et les seuils du crowdlending ont été réhaussés.

Plus largement, les startup françaises présentent un dynamisme sans précédent, les 224 start-up analysées par EY et France Digitale ayant enregistré un chiffre d’affaires total de 4,2 milliards d’euros, soit une progression de 39 % par rapport à 2014. D’ailleurs, la progression de nos jeunes pousses est telle que Paris est très proche de ravir à Londres le titre de capitale européenne des startup.
Et Eiffel Capital l’a bien compris, en témoigne la levée de 100 m€ pour son fonds « Pretons Ensemble »qui vise à financer au moins 20.000 prêts dans plusieurs pays européens, en privilégiant peu à peu les PME et TPE françaises qui devront représenter 90% de son exposition.

A l’échelle mondiale, l’Asie est devenue le premier investisseur fintech avec 4,7 milliards de dollars investis par le continent. Sans surprise, Les quatre plus grosses levées de fonds (Qufenqi pour 449 millions de dollars, 51XinYongKa pour 310 millions de dollars, Firstp2p pour 70 millions de dollars, One97 Communications pour 60 millions) sont asiatiques, dont les trois premières chinoises.  Au contraire, la tendance s’essouffle aux Etats-Unis, tendance qui pourrait s’accentuer avec l’élection de Donald Trump, les spécialistes s’attendant à un ralentissement de l’économie dû à l’incertitude créée sur les marchés financiers ainsi qu’à la probable éxécution de son programme visant à empêcher la création de nouvelles agences de contrôle et à abolir le CFPB, la cellule de contrôle américaine la plus conciliante pour les fintech. Enfin, en voulant limiter l’immigration aux Etats-Unis, « the Donald » va passer à côté de start-up prometteuses.

Enfin, à noter quelques innovations fintech en ce mois de novembre avec un nouveau marché ciblé par les fintech : le suivi des frais bancaires, autrement appelé « cash management », ce qui n’est pas mince puisque le « cash management » rapporterait aux banques 500 à 700 milliards de dollars de recettes par an dans le monde. Autre création, le prêt étudiant participatif par Studylink. Terminons l’actualité du mois en évoquant l’arrivée en France d’Edebex, une plateforme d’affacturage belge. Un quart des faillites – 60 000 chaque année – est dû aux retards de paiement auprès du fournisseur. Partant de ce constat, Xavier Corman et son co-fondateur ont crée Edebex, une fintech pour revendre les créances des PME.

Plateformes analysées :

Ce baromètre est désormais réalisé à partir des 22 plateformes de crowdlending suivantes:

Lendix (+Finsquare) – UnilendLendosphereLendopolisCredit.frClubfundingPrexemPretupGreenchannelLumoBoldenTributileInvestbookEnerfipRaizersWeShareBondsLes EntreprêteursPrêtgoPrêtstoryPret PMEGwennegEkairos

Nos baromètres précédents:

Octobre 2016Août 2016Juillet 2016, Juin 2016, Mai 2016, Avril 2016


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