Le BFR, un élément clé de l’analyse du financement de l’exploitation


L’analyse du BFR est un élément important de l’analyse d’une entreprise. Si vous investissez ou prêtez à des PME, ou que vous êtes vous-même entrepreneur, comprendre le besoin en fond de roulement peut vous aider. En effet, c’est un des éléments importants qu’étudie un banquier ou un analyste chez WeShareBonds.

Le BFR repose sur le principe de l’équilibre entre les emplois et les ressources

Le bilan d’une entreprise peut se décomposer en 2 blocs égaux : les Actifs (ce que l’entreprise possède) et les Passifs (ce qu’elle doit). Par nature en comptabilité ses deux montants sont équilibrés.

Une autre façon de voir les choses est que les actifs sont des emplois (j’achète des machines qui deviennent des actifs immobilisés, je dépose l’argent sur mon compte en banque…) et les passifs sont des ressources (les actionnaires apportent des capitaux, la banque me prête de l’argent, mes fournisseurs me font crédit pendant 60 jours…).

Une règle générale de bonne gestion est que les emplois (actifs) long terme soient financés par des ressources (passifs) à long terme. De même que le court terme soit financé par des ressources court terme (c’est le fameux BFR). Tel un jeu de briques, le delta ou le solde entre les ressources et les emplois constituent la trésorerie nette (ou des disponibilités, ou bien un découvert si le solde est négatif !)

Tableau explicatif sur le BFR et son calcul

C’est par ailleurs cette règle générale d’équilibre et de bonne gestion qui doit ainsi pousser l’investisseur averti à ne pas investir ou bloquer à long terme des sommes dont il pourrait avoir besoin à court terme pour financer des dépenses courantes. Il s’agit du risque de liquidité, ou d’illiquidité, inhérents aux investissements non cotés.

Définition du BFR ou Besoin en Fonds de Roulement

Le Besoin en Fonds de Roulement représente à un instant t la différence entre les besoins d’exploitation et les ressources d’exploitation :

BFR = (Stock + Créance clients) – (Dettes fournisseurs, fiscales et sociales)

Si le résultat est négatif, le BFR est négatif et l’activité est autofinancée, si c’est l’inverse (on parlera alors de BFR positif), il faudra combler avec des financements (crédit bancaire, affacturage, crédit WeShareBonds…) par exemple pour éviter le découvert ou l’impasse.

L’activité bien sûr n’est pas figée, et le BFR va évoluer avec le temps. L’augmentation ou la diminution du BFR entre deux dates (on parlera de delta de BFR) va créer de nouveau besoins de financement ou au contraire générer de la trésorerie excédentaire sur chaque période considérée.

Le BFR : quelques illustrations « business »

Le BFR permet donc mesurer l’évolution des flux cash d’exploitation et les besoins qui en découlent. Il est à noter que l’on parle ici de « cash-flow », ce qui peut être décorrélé de la notion de profit : on peut être profitable et néanmoins avoir besoin de financer son exploitation.

Prenons plusieurs exemples :

Secteur du loisirs

Cas d’une salle de sport et d’un magasin de location de ski

BFR salle de sport et magasin de location de ski

Même si tous deux sont profitables, ces deux business model présenteront des BFR différents :

Salle de sport par abonnement

Les clients vont payer comptant mensuellement ou au début de l’année, le montant de l’abonnement. L’opérateur disposera ainsi toujours d’une trésorerie d’avance pour payer son exploitation (loyers, coachs).

Magasins de location de ski

L’activité est saisonnière : de Noël à mai. Or l’opérateur devra dès septembre financer les stocks de skis et de textile pour la saison qui débute, et aura un BFR très élevé au début de la saison jusqu’à Noël avant que la situation ne s’inverse avec les paiements comptants des clients lors de la saison haute. Même si la saison se termine avec un profit élevé, il y aura des trous de trésorerie qui devront être couverts par le banquier (mise en place d’une ligne de crédit court-terme ou d’un découvert exceptionnel).

Secteur du textile

Cas d’une marque de prêt à porter profitable et en forte croissance

BFR magasin de prêt-à-porter

Dans un cycle classique d’exploitation reposant sur deux collections annuelles printemps/été et automne/hiver, le business model va supporter structurellement un BFR important.

Généralement le designer va durant l’été financer les défilés de sa prochaine collection et effectuer des commandes à des usines chinoises : il devra payer comptant une partie à la commande, et le solde à réception par exemple à Noël. Sur cette période il ne recevra des commandes de distributeurs qui lui verseront un acompte et le solde peut-être 60 jours après la mise en place en magasin en début d’année.

Même si l’opération permet à l’entreprise de réaliser un profit, l’entreprise passera de longs mois avec un besoin de trésorerie à financer. Si l’activité augmente d’année en année, les besoins de la saison augmenteront d’autant et devront être comblés par des partenaires financiers, sauf si la société a réussi à accumuler sur la durée un matelas de cash suffisant pour s’autofinancer.

Secteur de la grande distribution

Cas d’un supermarché

BFR supermarché

Le cas des supermarchés est le cas totalement inverse. Ils ont un BFR structurellement négatif. Ils effectuent des commandes auprès de fournisseurs qu’ils vont payer à 60 ou 90 jours après livraison et mise en rayon. Entre temps ils auront vendu les produits comptant à leurs clients.

Même si le supermarché réalise une marge assez faible en pourcentage, il n’aura pas de problème à financer le développement de son exploitation. Il se finance par le crédit de ses fournisseurs et n’a pas de créances à supporter. C’est d’ailleurs pour rétablir un équilibre notamment avec les petits fournisseurs qui se trouvent dans la situation inverse qu’a été votée la loi LME (Loi de Modernisation de l’Economie) afin d’éviter les abus dans les délais de paiement aux fournisseurs.

 

Que conclure ?

On voit donc que le Besoin en Fond de Rouelment (BFR) est un élément clé de l’analyse du financement de l’exploitation. De manière non intuitive, des besoins de financement d’exploitation élevés peuvent parfaitement se conjuguer avec une activité en croissance et profitable. Il convient donc d’anticiper ces besoins pour ne pas être momentanément bloqué et à court de cash, et de mettre en place des solutions adaptée (mise en place de crédit bancaire, de lignes de découvert, collaboration avec un factor qui acceptera de monétiser immédiatement certaines créances contre une commission, financement du BFR sur WeShareBonds…).


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