[Brexit] Qui remportera la coupe à 50Md€ : Paris ou Francfort ?


Aussi important que la finale de la coupe du monde, la finale du Brexit. L’enjeu est une coupe à 50Md€. Plusieurs villes sont dans la course avec une finale prévue entre Paris et Francfort. Faisant le bilan sur ce duel !

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Un processus de négociation du Brexit toujours incertain

Le Royaume-Uni a invoqué en 29 mars 2017, « l’article 50 » en vue de son retrait de l’UE à horizon de mars 2019, ouvrant alors une période de transition jusqu’à 2021 date du retrait effectif. Dans les faits, la mise en œuvre de cet article (qui ne prévoyait pas de modalités précises) a surtout été le déclencheur d’un processus de négociation complexe, entre les membres de l’Union Européenne et notre voisin Outre-Manche.

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Une fois évoqué le coût du divorce (de l’ordre de 50 milliards d’euros pour le Royaume Uni), de nombreux sujets épineux restent à traiter :

  • le devenir de la zone de libre échange pour le commerce des biens,
  • l’impact sur les services et notamment les services financiers,
  • la libre circulation des personnes (la question de la frontière avec la République d’Irlande et l’Irlande du Nord),
  • le sort du statut des expatriés,
  • l’adaptation désormais nécessaire des cadres réglementaires existants.

Au-delà du vote anglais, la mise en œuvre de celui-ci et le débat entre un « hard Brexit » et un « soft Brexit » ne semble pas tranché. Le Premier Ministre, Theresa May a récemment présenté les détails de son plan via un Livre Blanc censé exprimer le résultat de négociations au sein de son parti, le « compromis de Chequers » (du nom du lieu de villégiature du Premier Ministre »). Partisan d’un « soft Brexit », elle a proposé d’établir un certain nombre de règles afin d’éviter les contrôles aux frontière et les droits de douanes avec L’UE. Elle s’est cependant jusqu’ici heurtée à l’intransigeance des négociateurs européens pour développer une telle approche dans les services et leur réticence à intégrer les services financiers dans un accord de Libre Echange. Au mieux, la mise en œuvre d’exemptions réciproques et d’équivalences déjà prévues par les traités européens serait proposée.

Pour l’instant, cela a surtout entraîné la démission du gouvernement de David Davis, le ministre en charge du Brexit et du remarqué Boris Johnson des Affaires étrangères.  Cela laisse ainsi planner un doute sur l’issue des négociations : eurosceptiques et europhiles ayant chacun tendance à voir le verre à moitié plein….

Paris Europlace vs. « Main-hattan », qui sera le gagnant du match en cours ?

Depuis l’annonce du Brexit, Paris et Francfort (mais également Luxembourg et Amsterdam) se sont positionnées en vue d’accueillir les futurs financiers en exil. En cause, la fin du « passeport Européen »( Lire notre article Brexit : le tapis rouge déroulé en sens inverse par Paris et l’Union Européenne pour la City) permettant aux sociétés de gestion l’accès aux 28 Etats de l’Union Européenne. Que ce soit pour l’évolution future du secteur ou de l’émergence d’une future place forte financière en Europe, les dés sont loin d’être jetés.

« Main-hattan » du nom du quartier financier de Francfort conserve un atout de poids avec le siège de la BCE. De son côté, Paris, un temps handicapé par François Hollande « ennemi » déclaré du monde de la finance, a semble-t-il profité d’un regain d’intérêt avec Emmanuel Macron perçu comme plus « pro-buinesss ».

Cependant, les analyses sur l’impact réel dépendront des négociations en cours et les acteurs financiers semblent faire encore preuve d’attentisme. Londres reste la porte d’entrée internationale vers les Etats-Unis et l’Asie. Après un départ plutôt lent, Paris a selon une enquête de Reuters profité d’un regain d’intérêt : sur près de 5000 postes potentiellement relocalisés, Paris arriverait en pôle avec 2280 postes (dont 1000 chez HSBC). Les chiffres globaux sont cependant annoncés en baisse par rapport aux estimations d’il y a un an (qui évoquaient alors 10000 relocalisations). Paris a également été désigné pour accueillir le nouveau siège de l’Autorité bancaire européenne.

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Dans l’attente d’un potentiel Big-Bang, un faux débat ?

Difficile pour l’heure d’y voir très clair, et le Big-bang annoncé n’aura peut-être jamais lieu. Le débat sur l’attractivité dépasse sans doute la dimension de place financière. Les initiatives prises dans les domaines de la fiscalité, du financement de l’économie réelle via la loi Pacte (Lire notre article : Loi PACTE : focus sur la démarche) sont également des points importants pour attirer durablement les investisseurs et les entrepreneurs.

Les conséquences du Brexit dépassent le cadre purement financier ainsi que l’indique une étude de KPMG réalisée pour le Grand Paris, auprès de 516 entreprises internationales dans 22 pays.

Ainsi si Londres conserve une longueur d’avance en termes d’attractivité (entre New-York et Paris), elle semble avoir perdu beaucoup de son attractivité au profit du Vieux Continent et Paris au niveau des projets d’implantation d’entreprise. La capitale française semble par ailleurs émerger (au-delà de sa renommée traditionnelle touristique) comme une place d’affaires avec un fort potentiel à moyen terme.

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La bataille de l’attractivité se situera sans doute également sur la capacité de conforter une image de « start-up nation » (Google a ainsi annoncé l’implantation d’un de ses centres d’intelligence artificielle à Paris). Ou à favoriser désormais l’émergence de fintechs et de modes de financement alternatif tels que le crowdfunding dont Paris est devenu le principal représentant Européen. Chez WeShareBonds nous sommes ainsi issus de cette dynamique en faveur d’un meilleur financement de l’économie réelle qui combine des prêts au PME accessibles aux particuliers au côté d’un fonds de crédit géré par des professionnels. L’actualité récente a par ailleurs montré que la France avait toujours le potentiel pour devenir Championne du Monde !


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