Cash flow vs Flux comptable


La comptabilité est un langage qui se lit et se comprend. Chaque jour, les entreprises du monde entier réalisent des transactions, des acquisitions, échelonnent leurs investissements, ont recours à l’emprunt… Ces flux sont ensuite répertoriés dans le compte de résultat, puis les actifs et passifs sont représentés dans le bilan. C’est la vision comptable.

Pas de cash flow, pas de crédit

Chez WeShareBonds, lorsque nous étudions des dossiers de PME, nous voulons savoir dans un premier temps si l’entreprise sera en mesure de repayer ses dettes à ses investisseurs. Notre intention est donc particulièrement portée sur le cash flow : flux d’argent entrants et sortants de l’entreprise.  Notre règle pour financer une PME est simple : pas de cash flow, pas de crédit. Nous n’avons pas de garanties sur les actifs, et ne pouvons donc compter sur leur cession pour être remboursés. L’entreprise doit donc générer suffisamment de cash flow pour honorer ses dettes.

Une distinction difficile entre cash flow et flux comptable

La comptabilité vise à transcrire des opérations de flux _ il s’agit de la partie qui intéresse les financiers _ mais aussi des opérations sans flux. Le tout en adoptant le principe intangible du débit/crédit, et en travaillant sur les notions de produits et de charges pour déterminer un gain ou une perte sur une période donnée, et sur les notions d’actifs et de passifs pour montrer à un instant t le « patrimoine » de la PME, à savoir ses actifs et leurs financements associés.

Certains opposent une vision comptable des PME à une vision financière, « cash ». C’est à la fois pertinent et faux.

L’opposition est en partie pertinente, car effectivement, la vision « cash » ne s’intéresse pas aux écritures « non cash » comme les provisions, les reprises, ou les amortissements.

En effet, ces écritures ont pour but d’anticiper des risques, ou de corriger à posteriori (provisions), ou de dégager des économies d’impôts afin de reconstituer les actifs (les amortissements).

L’opposition est aussi pertinente car les actifs sont enregistrés à leur valeur comptable et non leur valeur de marché dans les comptes sociaux des PME, et donc la valeur des fonds propres reflètent ainsi fort rarement la valeur de marché des titres de la PME.

Pour le financier ce qui compte c’est le cash flow

Pour le financier ce qui compte c’est le cash-in (encaissements), et cash-out (décaissement), bref le cash flow, qui sert de support à son analyse de capacité d’endettement, ou de support à la valorisation de l’entreprise, comme par la méthode des DCF (Discounted Cash-Flow).

Deux visions pas toujours opposables

L’opposition n’est plus pertinente dès lors que l’on comprend que la comptabilité permet aux financiers, au prix de quelques ajustements, de finalement calculer leur cash flow à partir des éléments du compte de résultat et du bilan sur une période donnée, en prenant le bilan d’ouverture et de clôture de la période concernée, et évidemment le compte de résultat sur la période concernée. Sans la comptabilité, il serait bien complexe de valider que le business model de l’entrepreneur est bien retranscrit dans les chiffres réels.

Le cash flow peut se déduire de la vision comptable

Les intérêts d’une bonne analyse comptable

L’analyse des éléments du compte de résultat permet de comprendre les marges tant sur les ventes de produits que sur les prestations et de les rapprocher du discours du dirigeant, la détermination de la valeur ajoutée créée permet de voir comment sont financés les coûts de fonctionnement (salaires principalement) et avec quelle marge de manœuvre par rapport au point mort (break-even), et aussi de distinguer les charges fixes et variables.

L’analyse des bilans permet de comprendre le financement de l’activité, tant le BFR que l’investissement matériel et immatériel, et de comprendre l’éventuel dépendance à des financements externes, et plus généralement le tout définit un business model, ce dernier s’inscrivant dans une industrie, cette industrie est plus ou moins cyclique, avec des clients plus ou moins récurrents, avec une pression sur les marges plus ou moins fortes…permettant ainsi à l’analyste crédit de déterminer un niveau de risque à la PME.

 


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