Agences de notations : Avertissement de la BCE

Banque central européenne

Mis à jour il y a 3 mois

La Banque centrale européenne (BCE) lance un plan d’urgence pour répondre à l’impact de la pandémie sur l’économie. Annoncé lors d’une réunion il y a plusieurs semaines, ce plan de 750 milliards d’euros vise à réduire les tensions sur les taux d’intérêt et à empêcher le fractionnement de la zone euro. La BCE semble également marquer ses distances avec les agences de notation.

Limiter la dépendance aux agences de notation

L’Eurosystème (la BCE et les banques centrales de la zone euro) est chargé d’évaluer les mesures réduisant l’impact de dégradation des notes qui s’annonce sur les titres pris en garantie des financements accordés aux banques. L’institution étant très dépendante des agences de notations. En effet, la note accordée aux titres de dettes régit leur prise en compte ainsi que leur valeur de garantie, ou leur achat sur les marchés par la BCE. L’évaluation externe du risque de crédit permet à la banque centrale de limiter toute suspicion « politique » sur le traitement accordé, par exemple, à la dette d’un Etat.

Ce n’étant pas s’en faire émerger des modèles procycliques des dégradations. Lorsque l’économie est en crise, les notations baissent, diminuant par ailleurs le collatéral disponible et donc la capacité de refinancement des banques.

La BCE est prête à supporter plus de risques notamment suite à la mise en place d’un plan d’urgence de 750 milliards d’euros, en assouplissant les règles qui régissent le collatéral, et en s’étant affranchie des contraintes qui restreignaient ses achats d’actifs.

L’exemple de la dette Grecque

L’un des exemples marquant de cet assouplissement concerne la dette d’Etat grecque. À la suite du plan d’aide dont à bénéficier Athènes en 2018, les banques grecques n’ont plus la possibilité d’utiliser les obligations d’Etat qu’elles ont dans leur portefeuille pour se financer aux taux qu’offre la BCE. La Grèce n’est en effet toujours pas classée parmi les émetteurs de la catégorie « investissement », condition nécessaire pour la BCE.

Grâce à la dérogation annoncée mardi 7 avril, les banques peuvent de nouveau utiliser ce « papier » au guichet de l’institution de Francfort. Décision attendue depuis que les obligations grecques d’Etat ont été incluses dans le programme d’achat « urgence pandémie » de la Banque centrale. Les créances des banques européennes résultant de prêts aux PME ou aux ménages seront quant à elles plus largement acceptées comme garanties. Tout comme, la part des prêts non garantis par des actifs mobilisables.

Publication originale le 22 avril 2020, mise à jour le 22 avril 2020

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