Coronavirus : ces secteurs qui résistent malgré tout (2)

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Mis à jour il y a 8 mois

Un secteur agroalimentaire qui résiste, des équipements médicaux en plein boom, l’e-commerce face à de nombreux défis et les « drive » qui s’imposent sont des évolutions que l’on a pu déjà observer. Cependant, des usages tels que la livraison à domicile et une adoption plus large des plateformes « cloud » pourraient également s’imposer comme des tendances de fond. Deuxième partie sur les secteurs qui résistent au Covid-19.

Le boom de la livraison à domicile

La croissance de la livraison à domicile en France des distributeurs généralistes est de +45% sur le premier trimestre 2020 (contre +24% sur toute l’année 2019). Une tendance qui pourrait continuer post-confinement ? Des sites spécialisés tels qu’Epicery, La Belle-Vie ou Frichti annoncent tous des croissances soutenues.

Le géant Ubereats vient même d’annoncer un accord inédit de distribution avec Carrefour pour les produits quotidiens. Instacart société pionnière de la livraison aux Etats-Unis a même annoncé rechercher 300 000 « shoppers » sous 3 mois !

A noter : la société Pokawa que nous avons financée et qui vend notamment des « pokebowls » sur place ou à emporter s’est pour l’instant convertie dans la vente à distance (et a pris l’initiative louable de livrer des repas aux personnels des hôpitaux).

Démarche utile, la Mairie de Paris a mis en ligne une carte interactive des commerces pratiquant la livraison à domicile.

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Selon une étude du BCG, ces nouvelles habitudes de consommation adoptées pendant la crise pourraient perdurer sur le long terme.

Encre, ramettes de papier et jeux de sociétés…

Attestations à imprimer, devoirs à la maison : les ramettes de papier sont devenues un produit star à la Fnac. Ventes d’encre et d’imprimantes s’envolent. Pour passer le temps, les jeux de société font également leur grand retour dans les familles. Une tendance confirmée par le cabinet NPD sur la première semaine de confinement le top 10 des ventes de jouets est constitué pour la première fois de jeux de société (notamment en top3 : Monopoly, La Bonne Paye, Scrabble) et de puzzles.

Audience TV au plus haut, notamment pour les chaînes d’info

La durée moyenne d’écoute quotidienne a augmenté d’une heure à 4h30, une première depuis 30 ans. Et cela touche tout le monde. Les chaînes d’information en continu sont cependant les premières à en profiter. BFMTV a doublé sa part d’audience et est passé de la 10ème à la 5ème place. Les JT des chaînes généralistes en profitent également.
Cependant le secteur anticipe une baisse de 50% à 80% des recettes publicitaires au fur et à mesure que les annonceurs annulent leurs campagnes… La publicité représente chaque semaine 65 millions d’euros en moyenne, et lors de la crise des subprimes le secteur avait perdu 500 millions d’euros. Tout dépendra donc pour l’impact de la durée de la crise, et de la reprise de confiance progressive des annonceurs.

Les plateformes en ligne résistent au Covid-19 : télétravail, enseignement à distance et téléconsultations

Au-delà des « apéros Skype» , le confinement de près de la moitié de l’humanité profite aux acteurs des solutions de logiciels « cloud ». De nouvelles pratiques d’apprentissage et de travail pourraient s’imposer durablement.

Avec près d’un tiers de salariés en télétravail en France, les visioconférences se multiplient. Presque 20 ans après Skype, les solutions telles que Teams, Zoom, HouseParty, Whatsapp (volume de data x7) ou Slack se démocratisent à grande vitesse.
Le secteur spécifique de la formation en ligne profite également de la situation du fait de la fermeture des établissements d’enseignement. Le français Openclassroms, présent dans 140 pays, fait face à un afflux de demande.

Autre domaine particulièrement d’actualité, la téléconsultation : avec le confinement, le volume en a été multiplié par 50, pour atteindre un seuil inédit de 11% des consultations avec un volume hebdomadaire de près de 500 000 occurrences. Un pic à x100 par rapport au point de départ a même été observé. L’assurance maladie a par ailleurs décidé leur remboursement à 100% de manière transitoire. Cette pratique ne pourra sans doute pas être généralisée, mais elle pourrait fournir à terme une solution aux « désert médicaux ». Le leader français Doctolib pense que la téléconsultation pourrait constituer à terme 15% à 20% des consultations médicales.

La situation actuelle est plus généralement une occasion pour les acteurs du web de démocratiser leurs services : Netflix, Rakuten, Canal+ pour la vidéo, ou Fnac.com pour les livres électroniques ont ainsi annoncé des accès temporairement gratuits à une partie de leur catalogue (et ont dû limiter les débits vidéo face à l’afflux de demande). Les marchés financiers ne s’y sont pas trompé au Nasdaq les actions de Zoom, Netflix ou Akamai (infrastructure réseau) restent en hausse, parfois significative, dans un marché déprimé.

L’or, éternel refuge ?

En période de stress les fluctuations sur certains actifs sont parfois violentes. Le prix du pétrole à ainsi connu localement un prix « spot » inférieur à 5$ le baril du fait d’un déséquilibre entre l’offre et la demande. Ce qui en incluant les coûts de transport revient quasiment à un prix négatif ! A l’inverse le site Moncoffre.fr, leader français de l’achat/vente d’or en ligne aurait enregistré autant d’inscriptions en deux jours que lors d’un moins entier normal. D’autres ne peuvent même plus face à la demande d’or physique.

Cependant la situation sur les marchés et les cours n’est pas complétement univoque : l’or est à la fois une matière première et un actif financier. En période de crise il joue traditionnellement le rôle de valeur refuge ; dans un contexte de baisse de taux et de création monétaire, il acquiert un avantage compétitif par rapport aux autres classes d’actif, étant notamment censé bien immuniser contre les risques d’inflation. Pourtant parce qu’il est aussi utilisé parfois comme garantie sur les marchés financiers, les appels de marge liés la chute de ceux-ci ont entrainé des ventes forcées et pesé sur son cours.

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Cours de l’Once d’or (US$)

Ainsi l’on voit comment cette crise, en bouleversant beaucoup de certitudes, crée aussi un accélérateur de croissance et de développement pour certains secteurs. Quant à dire si ces émergences seront durables, il est encore trop tôt pour le dire.

Publication originale le 6 avril 2020, mise à jour le 6 avril 2020

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