Coronavirus : sport, impact économique

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Mis à jour il y a 3 mois

Depuis le début de la crise sanitaire lié au Coronavirus, le monde du sport est complétement à l’arrêt. Tous les événements sportifs, amateurs comme professionnels, sont annulés ou reportés. Les Jeux olympiques, le Championnat d’Europe de football, le Tournoi de Wimbledon… ces événements sportifs majeurs n’auront pas lieu en 2020.

Nous allons nous intéresser aux conséquences économiques de cette situation inédite sur un secteur en croissance depuis plusieurs années.

Le secteur du sport contaminé par le coronavirus

Le secteur du sport génère un peu moins de 2 % du PIB mondial (près de 1200 milliards d’euros) avec néanmoins un taux de croissance annuel plus de 2 fois supérieur à celui du PIB mondial. Le marché du sport intègre à la fois la production industrielle liée, la part des collectivités, la consommation des ménages et tous les événements médiatiques : sponsoring, droits médias, billetterie et merchandising. En France, on compte 16 millions de sportifs licenciés et 35 millions de pratiquants. Selon une étude de la BPCE (organe central de la Banque populaire et de la Caisse d’Épargne), le secteur sportif pèse 77 milliards d’euros et 150 000 emplois.

Depuis le début de la pandémie du COVID-19, le secteur connait la pire crise de son histoire. Dans le monde, tous les événements amateurs comme professionnels sont annulés ou reportés. Les conséquences économiques sur le secteur seront donc lourdes, et aujourd’hui personne ne peut réellement planifier un calendrier sportif pour l’année 2020 et 2021.
L’un des plus grands événements sportifs mondiaux, les JO de Tokyo, est déjà reporté à 2021 – mais l’incertitude demeure quant au maintien de l’événement lui-même. Le coût de son organisation est de plus de 11,5 milliards d’euros.

Seuls deux pays, la Biélorussie et le Nicaragua,ont maintenu leurs événements sportifs. Selon Alexandre Loukachenko, président de la Biélorussie depuis 1994 « la crise du coronavirus relève tout simplement de la psychose » et « mieux vaut mourir dignement que vivre à genoux ». Le championnat de football biélorusse étant le seul encore diffusé, l’audience enregistre des records historiques.

Les équipementiers sportifs perdent 60% de leurs ventes

Adidas, deuxième leader mondial de la distribution d’articles de sport, a appelé au soutien le gouvernement allemand. Kasper Rorsted, le PDG de la marque aux trois bandes a obtenu sous la forme de lignes de crédit d’urgence un total de 2,4 milliards d’euros, garanties à 80 % par l’État et débloquées pour une durée de quinze mois par la banque publique KfW. En conséquence, Adidas s’est engagé sur cette période de 15 mois à ne pas verser de dividende (ayant initialement prévu un montant de 840 millions d’euros pour l’année 2020). L’équipementier a également contracté un crédit auprès d’un consortium de banques privées pour un montant de 600 millions d’euros supplémentaires, portant le total à 3 milliards d’euros.

Bien qu’une partie de l’activité soit repartie en Chine avec la réouverture des magasins, les équipementiers auront des difficultés à récupérer le manque à gagner, le marché restant directement corrélé aux événements sportifs mondiaux qui sont actuellement à l’arrêt pour une durée indéterminée. Les équipementiers sportifs ne peuvent plus faire la promotion de leurs marques, et vont subir un impact économique sur le long terme. Le report des jeux olympiques va notamment toucher Adidas, l’équipementier officiel de la compétition, qui attendait de cet événement un fort impact sur ses ventes.

Les conséquences sur les clubs de foot français

Explosion des droits TV

Dans le foot, les droits TV représentent environ 36 % du chiffre d’affaires d’un club, selon DNCG. Pour le championnat français, Canal + et BeIN Sport, les deux diffuseurs, ont gelé les versements des droits. L’impossibilité de jouer tous les matchs de la saison va avoir des conséquences sur le chiffre d’affaires des clubs qui ne pourront pas se rattraper sur les revenus de billetterie, l’interdiction de fréquentation des stades devant se prolonger jusqu’à la fin de l’été.

Les clubs vont donc essayer de jouer un maximum de matches pour récupérer ce qui est encore possible pour les droits TV, cela va également dépendre de la possibilité de reprise du championnat en fonction des autorités. Pour le moment la reprise est annoncée en juin mais dépendra de l’évolution de la situation sanitaire.

Les pertes pour les clubs français sont si importantes que les conséquences seront certainement l’explosion des droits TV pour la saison prochaine, afin de rattraper les pertes de la saison 2019-2020.

Réduction des salaires des joueurs

Afin de soulager la trésorerie des clubs français, le syndicat des joueurs et les dirigeants de Ligue 1 et de Ligue 2 se sont mis d’accord sur la baisse provisoire des salaires, allant jusqu’à 50 % pour les joueurs gagnant plus de 100.000 euros mensuels. Pour le moment il s’agit seulement d’une recommandation puisque rien n’est inscrit dans le Code du travail. Rien n’oblige donc les footballeurs à accepter de diminuer leur rémunération. Cette initiative a pour objectif de protéger la trésorerie des clubs, et donc d’assurer leur survie – mais cela ne sera probablement pas suffisant.

Le PGE pour venir en aide aux clubs

Le Prêt garanti par l’Etat (PGE) est un dispositif qui permet aux entreprises de solliciter les banques pour un crédit garanti à 90 % par l’État via la Banque publique d’investissement (BPI). Cette mesure mise en place par le gouvernement est également utilisée par les clubs français.

Selon les informations de journal sportif l’Equipe, le club de foot de Dijon est le premier club à avoir déposé un dossier auprès de la BPI pour un montant de 5 millions d’euros, correspondant aux droits TV qui devaient lui revenir pour les mois d’avril à juin. Environ 30 clubs de Ligue 1 et Ligue 2 ont déposé un dossier, par exemple Saint-Étienne, le Paris FC ou le RC Strasbourg. A date, le PSG, leader du championnat, n’a pas fait de demande.

De plus, le dirigeant du club de Lille Gérard Lopez se charge actuellement de négocier un emprunt pour aider huit clubs de Ligue 1 (OL, PSG, l’OM, Saint-Etienne, Rennes, Nice, Toulouse et Lorient). Il est actuellement à la recherche d’un financement à hauteur de 300 à 500 millions d’euros auprès de fonds d’investissements. Un emprunt massif qui serait nécessaire à la survie des clubs selon Gerard Lopez.

Publication originale le 17 avril 2020, mise à jour le 17 avril 2020

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