Diversifier son épargne, des multiples avantages


Déterminer la stratégie pour diversifier son épargne

La sagesse populaire a abordé cette question via quelques règles de conduite (qui ne s’appliquent pas forcément qu’au domaine financier) : « qui ne risque rien n’a rien », « ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier » ou bien tout simplement « n’investir que dans ce que l’on comprend »…

Le respect de ces quelques règles bien que simples, peut être d’une aide précieuse faisant appel au bon sens dans la prise de décision. Cependant la stratégie d’investissement obéira également à des objectifs spécifiques et des contraintes plus précises :

  • Quel est l’âge de l’épargnant et de quel horizon dispose-t-il, vise-il des flux réguliers ou in fine ?
  • Est-il rentier ou souhaite-t-il se constituer juste un revenu de complément ?
  • Dispose-t-il d’un capital limité ou anticipe-t-il une capacité d’épargne régulière issu de ses revenus futurs ?
  • Est-il prêt à prendre un risque élevé (pour viser un rendement également élevé) au risque de tout perdre ?

Ces questions sans doute pertinentes n’appellent pas une réponse unique, diversifier son épargne peut permettre cependant de gérer en grande partie ces situations diverses.

La question des cycles et l’évolution dans le temps

Anticiper la durée de l’investissement

L’horizon de temps de l’investisseur est en partie sa boussole, plus il est long, plus la performance sera lissée (passage de plusieurs cycles complets. Si l’on n’anticipe pas de rentrées régulières d’argent, la stratégie ne sera pas forcément la même qu’avec de nouvelles ressources régulières anticipées liées à une capacité d’épargne excédentaire. Investir implique bien sûr de se fonder sur un historique de performance mais avant tout de se projeter : les conditions de taux, de fiscalité, de parité monétaire, de croissance et de marché en général, de démographie ou d’environnement technologique, sont susceptibles de fortement évoluer sur la durée de l’investissement (d’autant plus si l’on se projette loin).

Répartir les placements sur plusieurs classes d’actifs

Diversifier son investissement non seulement sur divers sous-jacents, mais sur diverses durées permettra de réduire fortement les aléas : si l’on anticipe une baisse des taux, on peut avoir tendance à miser sur un placement à taux fixe avec maturité longue pour jouer un « spread » futur positif, mais l’on pourra garder par ailleurs des investissements à plus court terme qui permettront de nouveaux arbitrages à des dates intermédiaires (d’autant plus utile si notre anticipation ne se réalise pas).

La notion de cycle est enfin à prendre en compte : un investisseur français qui aurait ainsi investi son épargne dans des actifs en dollar il y a 15 ans, aurait vu son investissement perdre pratiquement la moitié de sa valeur en termes de parité : passant de 0,8 $ pour un euro à 1,60$ en 2008 avant un quasi-retour à la parité actuellement. Rien que le fait d’avoir conservé une partie de son épargne en euro (sous réserve d’une certaine liquidité) lui aurait permis éventuellement de profiter opportunément de ces écarts extrêmes et peut-être de « booster » fortement son rendement tout en ayant réduit le risque à l’origine.

Le couple risque/rendement et la notion de risque

Déterminer l’objectif de rendement

Un rendement en tant que tel n’a pas de signification, au plus peut-il rencontrer l’objectif de rendement de l’investisseur.

« J’ai choisi ce produit car je vise un rendement absolu annuel de 5% »

Cependant pour être pertinent il doit être couplé à la notion de risque, elle seule pourra de manière objective confirmer une espérance de gain. Ainsi un investisseur qui misant sur un panier d’obligations d’état réputées sûres à 5% (ce qui n’est certes pas le niveau actuel aura peut-être in fine un gain supérieur à un autre épargnant qui aura choisi un panier de prêt à des sociétés avec un taux brut de 8,5% mais qui seraient par ailleurs des sociétés jeunes avec peu de visibilité et risquées : il suffira pour cela qu’une société sur huit du deuxième portefeuille fasse défaut (reste à savoir si cette probabilité est jugée crédible).

Une théorie pour optimiser la performance de vos investissements…

En fait en règle générale l’investisseur avisé ou rationnel aura tendance à privilégier pour un même niveau de rendement proposé l’actif le moins risqué. Partant de ce constat le prix Nobel d’économie Harry Markowitz a proposé dans les années 50 un modèle de sélection censé être optimal : le rendement espéré du portefeuille étant la somme du rendement de chaque actif le composant, pondéré par leurs poids respectifs dans le portefeuille. Dès lors l’allocation optimale et rationnelle consiste à trouver quel est le portefeuille le moins risqué pour un rendement visé égal.

Ce risque peut être estimé par deux éléments :  la volatilité (ou variation) anticipée de chaque actif (ainsi un placement en livret A n’aura pas de variation autour de son rendement cible, par contre des actions en bourse auront potentiellement une forte volatilité autour de la performance cible), et par ailleurs la corrélation entre chacun des actifs : cette corrélation peut-être positive ou négative selon quelle obéit théoriquement à des facteurs qui vont dans le même sens (par exemple a priori pétrole et dollar) ou dans des sens divergents qui se neutralisent.

…Mais pas toujours facile à appliquer de manière fine

Cette vision certes assez sophistiquée tend à montrer que la diversification peut théoriquement minimiser le risque attendu pour un même niveau global de rendement et ainsi optimiser la performance. La principale critique à ce type de modèle assez fin, est qu’elle repose sur le fait que les investisseurs sont tous rationnels et que le niveau de risque de chaque actif est intégré dans son prix. Par ailleurs cette vision repose sur la réalisation de modèles statistiques (ou de probabilités) qui par nature volent en éclat dès lors qu’un krach ou que l’improbable se produits. Enfin il faut par ailleurs une base statistique fiable pour utiliser ce type de modèles, ce qui n’est pas toujours évident. Dans tous les cas, répartir simplement ses actifs, classés dans plusieurs catégories sera déjà un point de départ nécessaire et sans doute suffisant, sans être forcément optimal.

Appréhender et apprécier les différents types de risque

Dans l’analyse des allocations et de la diversification il convient donc d’intégrer les différents types de risque, qui peuvent plus ou moins impacter les actifs choisis. On peut les classer globalement entre risque macro (tenant lieu à un environnement général) et micro (tenant lieu au comportement de l’actif précis : par exemple un bien immobilier situé dans un endroit précis, à la différence de l’évolution de l’immobilier en général) :

  • Les risques structurels : quelles sont les évolutions de données macro qui vont impacter un sous-jacent : la démographie va-t-elle par exemple évoluer et faire varier l’immobilier, de même le niveau des taux va-t-il varier et impact le secteur ? Quelle évolution de la fiscalité et de la loi risque de toucher une classe d’actif ? A quel stade d’un cycle est-on ?
  • Le risque de crédit : qui est spécifique à un acteur (dans le cas d’un prêt le remboursement par l’emprunteur). Il peut être également appelé risque de contrepartie, même si cette notion est plus large et recouvre le fait de ne pas pouvoir honorer un engagement (par exemple un garant qui ne pourrait pas tenir son engagement en cas de sinistre).
  • Les risques opérationnels ou d’exécution : elle fait partie de la classe de risque spécifiques : quelles que soient les prévisions macro, l’exécution est clé et dans le cas d’une PME par exemple, l’exposition est maximale (décès du dirigeant, départ d’un homme clé…).
  • Les risques de change : spécifique à des actifs libellés en une monnaie étrangère,
  • Les risques sectoriels : sous ensemble des risque macro, ils s’intéressent à l’évolution possible d’un secteur, et permettent parfois d’établir par ailleurs des corrélations entre les différentes composantes d’un portefeuille
  • Le risque systémique : cela concerne des événements assez exceptionnels qui vont par leur ampleur impacter l’ensemble des classes d’actifs : par exemple sortie de l’euro, conflit international. L’on sort alors des modèles statistiques, avec des pertes potentiellement importantes : les établissements bancaires utilisent d’ailleurs le concept de « value at risk » qui consiste à évaluer la perte maximale envisageable en cas d’événement exceptionnel (l’on parle aussi de « crash test »).
  • Le risque de liquidité : ce n’est pas un risque financier à proprement parler, mais recouvre la capacité de monétiser un actif à un horizon donné. Une absence de contractualisation de ce point peut entrainer un fort impact sur la valorisation in fine (les acheteurs étant en position de force). Une absence de liquidité peut poser des problèmes significatifs à l’investisseur, s’il est contraint par des échéances à honorer par ailleurs.

Comment WeShareBonds analyse le risque ?

Chez WeShareBonds, nous avons vocation à financer des PME en crédit : au-delà d’une appréciation macro de la tendance de l’activité, nous nous intéressons donc principalement au risque de crédit et au risque d’exécution. Nous évaluons par ailleurs le risque de défaut en utilisant les notations Banque de France qui permettent de normer le niveau de risque et d’appréhender le taux de défaut. Enfin le gérant du fonds de crédit de la plateforme s’intéresse également à diversifier de manière sectorielle, à répartir les montants investis entre plusieurs lignes, à varier les durées…

Au final avec la diversification l’on n’atteindra jamais le rendement maximum possible (qui aurait été de choisir uniquement l’actif le plus performant grâce à une improbable martingale) mais cela sera ans doute une stratégie majoritairement gagnante sur le long terme avec un niveau de risque plus maîtrisé.par rapport ce un investisseur qui n’aurait pas diversifié.

 


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