Environnement : quels enjeux ?


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L’épisode des gilets jaunes a remis au centre du débat les enjeux liés à l’environnement. Nous faisons le point sur quelques éléments de ce débat à l’occasion de la journée mondiale de l’environnement, consacrée cette année à la lutte contre pollution de l’air.

Historique des initiatives en faveur de l’environnement

L’ONU avait lancé lors du sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992, un plan de lutte contre le réchauffement climatique : la CCNUCC (Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques). Elle a étrenné le concept de « développement durable ».

Les états signataire se rassemblent depuis lors des « COP » (Conferences of the Parties). Ces réunions incluent également des membres de la société civile, comme des associations, des scientifiques, etc. Elles ont pour objet d’entériner les accords sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Elles fixent des objectifs individuels et collectifs et font le point sur les actions en cours.

La « COP21 », organisée par la France en 2015 sous l’ère Obama, a défrayé la chronique du fait de l’engagement de la Chine. Mais également à la suite de la dénonciation de cet accord par Donald Trump.

Retour sur quelques dates clé :

1995 : 1ère COP à Berlin en 1995.

1997 : Signature du Protocole de Kyoto et engagement de 37 pays à réduire leurs émissions.

2012 : l’Amendement de Doha (« COP18 ») du Protocole de Kyoto.

2015 : COP21 à Paris et engagement inédit de 196 pays a contenir la hausse des température à 2°C maximum.

Fin 2019 : COP25 au Chili.

Cependant, trois ans après la COP 21, seuls 58 pays auraient adopté un cadre législatif en adéquation avec leur engagement, selon deux instituts basés à Londres, le Grantham Research Institute et le CCCEP. Seulement 17 seraient en ligne avec leurs objectifs. Parmi les grands absents se trouvent les Etats-Unis, la Chine, la Russie et tous les pays de l’Union Européenne…

Paradoxalement, les plus grands pollueurs sont également les pays qui sont considérés comme les plus attractifs par le cabinet E&Y dans son dernier classement REnewable Country Attractiveness Index.

Au niveau « corporate », une étude récente de l’organisme CDP auprès d’entreprises mondiales représentant 17 trillions de dollars de capitalisation, indiquait que ces dernières chiffraient l’impact négatif sur leur activité dans les 5 ans à 1000 milliards de dollars (dont 250 milliards de dépréciations ; 500 milliards de hausse des coûts opérationnels). Bonne nouvelle, elles identifiaient également des opportunités « business » pour 2,1 trillions de dollars (dont 80% dans l’industrie des services financiers).

 

Financer la transition en respectant les équilibres économiques

Pour s’inscrire dans ce mouvement sur le plan financier, il existe des labels à la disposition des investisseurs (crowdfunding, fonds, « green bonds ») répondant notamment aux fameux critères ESG (Environnement, Social, Gouvernance). Ces critères fixent des contraintes en termes d’impact environnemental, sociétal et de gouvernance dans une optique de finance durable.

Parmi les labels les plus connus : ISR (Investissement Socialement Responsable), ex-Novethic, ou bien TEEC (« Transition Ecologique et Energétique pour le Climat »). Sur le plan de la performance, outre l’aspect éthique, une prise en compte des critères extra-financiers pourrait avoir un impact positif sur les rendements via une pérennité dans le développement. Reste que l’adoption de ces labels et le financement de ces nouvelles alternatives devront se faire au niveau international. Imposer des normes locales trop lourdes n’est pas souhaitable car elles entraîneraient une dégradation de la compétitivité (exemple de l’agriculture), ou un départ de la valeur ajoutée, suite à l’incapacité de faire face à la demande localement (panneau solaires chinois).

Se pose par ailleurs la question d’une optimisation des financements publics. Faut-il privilégier la subvention des énergies renouvelables ou l’isolation des bâtiments ? Se pose également la question des impacts des nouveaux usages prônés sur certains secteurs d’activité lors de la transition : éolien sur le tourisme, taxe carbone sur les transports, normes sur les industriels…

En bref
Une modification progressive des comportements individuels est nécessaire pour arriver au résultat escompté. En effet, lissage des consommations d’énergie, tri sélectif, réduction des packaging marketing, « home-working » et co-voiturage ne sont pas négligeables…


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