Epargne des Français, comment l’orienter vers les PME ?


Dans un précédant article Comment le gouvernement veut promouvoir l’investissement dans les PME ? nous évoquions le constat du gouvernement sur la nécessité de flécher l’ epargne des Français vers l’investissement dans les PME et sa volonté d’ouvrir le débat. Retour sur la journée du 22 janvier « Grand Rendez-vous de l’investissement productif #Make Our Economy Great Again » à laquelle a assisté WeShareBonds.

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Le constat renouvelé

Le constat établi par les membres de l’exécutif présents (Edouard Philippe, Bruno Lemaire, Amélie de Montchalin) reprend les analyses souvent évoquées :

  • nos PME doivent grossir et un plus grand nombre devenir des ETI ;
  • il existe un défaut de financement notamment en fonds propres pour les PME. Un objectif serait, donc, de faire passer l’investissement des français en fonds propres 5 à 10 milliards d’euros ;
  • aujourd’hui, en effet, il y a beaucoup d’épargne disponible chez les français :
    • près de 15% de taux d’ epargne des français, champions d’Europe, ce qui représente un flux d’épargne annuel d’environ 100 milliards d’euros ;
    • 400 milliards sur les comptes courants non utilisés ;
    • 600 milliards dans les livrets réglementés (types livret A) qui ne rapportent quasiment rien ;
    • 1600 milliards dans les assurances vie / fonds monétaires qui rapportent de moins en moins et par ailleurs sont mal orientés vers les PME (seules deux compagnies ont intégré des actifs non-cotés dans leurs produits d’assurance-vie) ;
    • les PME constituent un investissement beaucoup plus rentable, générateur de croissance et d’emploi.

Epargne des français : un cadre posé

Le nouveau cadre fiscal a été voté via la loi de Finance. Il permet, en effet, d’alléger la fiscalité sur les investissements. La « loi Pacte » est en préparation. Encore faut-il que l’argent investi trouve sa cible vers les PME.

D’où l’initiative de cette réunion de place entre les acteurs de la finance. L’objectif étant notamment de désenclaver les circuits de distribution. Il est urgent de sortir d’une vision privilégiant la défiscalisation au détriment de la prise de risque dans l’économie réelle.

Avec une « finance qui n’est pas sans visage » pour détourner un slogan devenu célèbre, comment mieux mettre en contact les épargnants avec les PME ? 120 contributions et propositions ont déjà été avancées et un point sera fait tous les 6 mois. Un portail numérique devrait rapidement être créé par Autorité des marchés financiers (AMF) pour accompagner les épargnants dans leurs démarches d’investissement.

Quelques pistes à suivre

Dans le domaine du crowdlendingWeShareBonds, a retenu quelques propositions qui nous semblent aller dans le bon sens pour développer le financement participatif :

  • unités de compte des assurances vie : devraient pouvoir être tournées vers de la dette privée sans obligation qu’il y ait une valorisation liquidative quotidienne. Ce qui ouvrirait, ainsi, le segment des fonds de crédit en crowdlending ;
  • PEA PME : ouvrir la possibilité pouvoir d’acheter de la dette privée (fonds de crédit de WeShareBonds par exemple) avec son PEA PME et ses avantages fiscaux ;
  • modifier certains obstacles réglementaires : interdiction par exemple aux SARL sans CAC d’émettre des obligations. Par ailleurs, les mini bons ne peuvent aller au-delà de 5 ans. Il faudrait un outil unique plus flexible, un mini bon qui pourrait aller jusqu’à 7 ans et être émis par tout le monde.

Ces quelques mesures simples permettraient de favoriser le développement du crédit professionnel participatif. Elles orienteraient ainsi mieux l’épargne des français dans l’économie réelle. Cela est au service du développement des PME via le renforcement d’une épargne long-terme.


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