Epargner pour toute la vie !


épargnant, épargner toute sa vie

En matière d’investissement nous évoquons souvent le couple risque/rendement, la nécessaire diversification, et les contraintes de liquidité. Une autre façon d’envisager la question de l’épargne est de l’envisager en termes d’objectif personnel : acquérir un logement, financer des études, préparer sa retraite… Cela va naturellement induire une contrainte temporelle. L’épargnant pourra se tourner vers trois composantes personnelles : le patrimoine « financier », « humain » et « retraite ».

Quel projet ?

Au cours de sa vie, l’épargnant va vouloir mettre en œuvre différents projets. Allant de l’acquisition d’une résidence principale ou secondaire, à la constitution d’un héritage ou d’un capital pour ses enfants… Avec l’allongement de la durée de vie et l’état des finances publiques, la sécurisation d’un revenu pour la retraite est devenue une question clé. Les régimes de retraite connaissent de nombreuses réformes. Le taux de remplacement (rapport entre le montant de la retraite et le dernier salaire) devrait continuer à se dégrader selon le Conseil d’Orientation des Retraite, notamment pour les haut revenus (supérieur à 4000 euros). Dans ce contexte, le maintien du niveau de vie post-carrière est un sujet important.

En termes de planification, l’horizon de temps pris en compte (assurer un revenu complémentaire pendant x années, payer les études des enfants dans y années) est primordial. Il va permettre de calibrer le niveau d’épargne à mobiliser (le taux d’effort par rapport au revenu). Et d’orienter vers les supports d’investissement les plus adaptés en fonction des contraintes de liquidité.

Plus la situation est anticipée, plus l’éventail des solutions sera étoffé, et la marge de manœuvre élevée. Indépendamment des cycles inévitables, certains placements ont prouvé (actions, immobilier) leur surperformance moyenne sur le long terme. Cette dernière notion est primordiale. Il faut disposer d’un horizon de temps suffisant pour valoriser son épargne et gommer les aléas conjoncturels.

Les composantes du patrimoine

L’épargnant avisé va planifier son investissement en fonction du profil de ses ressources actuelles ou prévisibles. Dispose-t-il d’une somme significative à investir ? Prévoit-il de constituer une épargne par des versements réguliers ?

Est-il possible d’optimiser les phases d’investissement ? L’exercice est relativement périlleux. En termes de stratégie, certains éléments peuvent permettre d’appréhender certains cycles, d’objectiver le niveau de (sur)valorisation de certains actifs. Il semble néanmoins illusoire de vouloir acheter au plus bas et de vendre au moment le plus propice. Sans compter les coûts de transaction induits. L’évolution de certains facteurs (taux d’intérêt, inflation…) n’est pas forcément prévisible pour bien anticiper les cycles. De plus, la durée de l’historique à prendre en compte pour effectuer les comparaisons (tels indice aura monté sur 3 ans, mais baissé sur 5 ans…) est peu évidente. Une planification efficace devra principalement prendre en compte les trois composantes du patrimoine afin d’essayer de remplir les objectifs définis.

Le patrimoine financier

Il s’agit de l’ensemble des actifs dont l’on dispose à date. On va chercher à le faire fructifier dans le respect des objectifs (constituer une rente, préserver le capital…).

Le capital humain

Il s’agit des revenus tirés de l’activité de l’épargnant. Quel est le niveau actuel et prévisible de revenu ? Quel taux d’effort peut-on envisager sur la durée ? Quelles sont les perspectives de carrière ? Si les revenus réguliers anticipés excédent le niveau de vie souhaité, il sera possible de constituer une épargne régulière disponible pour l’investissement. Cette situation peut bien sûr évoluer dans le temps (période de chômage…). Cependant, elle reste un point important dans la planification.

Le capital retraite

Il constitue une source de flux financiers réguliers qui seront disponibles à compter de la retraite. Dans un régime par répartition, cela n’est pas neutre car il résulte de l’acquisition de droit (à l’inverse des modèles anglo-saxons fondés sur une épargne financière individuelle).

La combinaison des ces trois composantes va permette de définir la stratégie adéquate. Même si certaines données pourront évoluer (changement des conditions d’accès aux prestations de retraite, perte de revenu à la suite d’une période de chômage, évolution de la fiscalité sur les revenus et le patrimoine…).

Objectifs et horizon : la cohérence avant tout

Dans un premier temps, les objectifs doivent être cohérents avec ce qu’il est possible de faire et le temps dont on dispose. Les objectifs du type « tripler son patrimoine en cinq ans » ont une forte probabilité de se révéler contreproductifs.

Par ailleurs, chaque phase de la vie correspondra, a priori, à une stratégie différente (avec par ailleurs des objectifs pouvant évoluer). Ainsi les jeunes actifs (malgré les contraintes liées au coût de l’immobilier qui grèvent actuellement les capacités d’investissement) disposent d’un horizon de temps important. Ils ont des charges de familles réduites (malgré une fiscalité comparativement élevée). Ils pourront privilégier les actifs statistiquement les plus rémunérateurs dans une optique à long terme. Les revenus issus du travail apporteront, par ailleurs, une capacité d’épargne régulière pour lisser les performances.

A l’inverse, à la retraite, l’épargnant sera dans une phase de « consommation » de son épargne. La détention éventuelle d’une résidence principale déjà payée permettant de réduire les charges de logement. Etant donnés cette configuration et un horizon de temps plus réduit, l’épargnant aura tendance a privilégier des placements moins risqués et plus sécurisés (assurance-vie, obligations…).

Dans tous les cas, seule une stratégie globale et planifiée avec des allocations réajustées au fil du temps, incluant une diversification suffisante au sein de chaque classe et entre type d’actifs (plus où moins liquide, plus ou moins risqué, plus ou moins rentable), permettra à l’épargnant de passer sans encombre les cycles pour mener à bien son projet sur le long terme


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