Théorie et pratique le FMI face à la crise du Coronavirus

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Mis à jour il y a 3 mois

Samedi 28 mars, le FMI (Fonds Monétaire International) a officiellement déclaré l‘économie mondiale en récession, alors même que le Covid-19 continue à se propager. Mais l’organisation a aussi affirmé être prête à aider les pays les plus vulnérables, et à assister ses États membres dans leurs décisions économiques et financières. Rappel des fonctions du FMI et du rôle qu’il joue dans la lutte contre le coronavirus.

À quoi sert le FMI ?

Le Fonds Monétaire International, fondé en 1944, comprend aujourd’hui 189 pays membres. C’est une organisation dite supranationale, c’est-à-dire qu’elle met un commun l’argent et les capacités de ses pays membres dans un but collectif. Elle fonctionne donc comme un fonds financier et est vouée au maintien de la stabilité économique mondiale.

Les fonctions du FMI sont multiples : il sert de conseiller économique et financier aux États, intervient sur le marché monétaire si une devise est cible de spéculation (en achetant cette monnaie pour éviter que sa valeur ne s’effondre), ou bien décide d’accorder un crédit aux pays confrontés à une crise financière. Afin de comprendre sa structure interne, nous nous concentrerons uniquement sur son rôle de “prêteur en dernier recours” (last resort lender) aux pays en difficultés.

Conditions pour l’accord de prêt à un pays en difficulté

En temps normal, le FMI aide le plus souvent un pays qui a une balance des paiements régulièrement en déficit. Pour faire simple, cela signifie que le pays a importé davantage de biens ou de services qu’il n’en a exporté durant une certaine période. L’achat d’imports non couverts par le revenu des exports peut être comblé temporairement grâce aux réserves de devises convertibles (dollars, euros) détenues par la banque centrale du pays. Une balance de paiements en déficit va ainsi entrainer un épuisement des réserves de devises, et une difficulté pour le pays à emprunter sur les marchés financiers.
C’est donc dans ce genre de situation que le pays peut faire appel au FMI afin d’obtenir un crédit.

Le FMI accorde un prêt lorsqu’il juge que la crise financière d’un état met en danger l’organisation gouvernementale du pays, la stabilité de son système financier ou le flux d’échanges de commerce international avec les autres pays.

En contrepartie de ce prêt, le pays devra accepter des mesures imposées afin de réformer son économie et éviter une nouvelle crise. Ceci peut passer par une augmentation des recettes de l’État (autrement dit des hausses d’impôts) ou une réduction de ses dépenses. L’État peut aussi se voir demander d’autoriser plus d’investissement étrangers et d’ouverture au commerce international.

Comment ce crédit est financé

Lorsqu’un crédit est accordé, l’argent provient des états membres qui versent chacun une contribution au FMI suivant leurs “quotes-parts”. Explication :

Quand un pays adhère au FMI, on lui attribue une “quote-part” en fonction de sa position relative dans l’économie mondiale (en utilisant une formule qui prend en compte notamment son PIB). Plus la quote-part d’un pays est élevée, plus la contribution qu’il doit reverser est importante. En contrepartie, il disposera de plus de voix lors des prises de décisions par votes.

En 2016, les pays membres du G7 détenaient 43% des quotes-parts totale, dont 17.4% pour les seuls États-Unis. Puisque certaines décisions requièrent une majorité de 85% des votes, cela octroie de facto aux États-Unis un droit de veto au sein du FMI. À noter que, tous les 5 ans, la quote-part d’un pays est susceptible d’évoluer si sa situation économique a changé notablement..

Enfin, la quote-part définit aussi le montant de l’aide financière qu’un pays membre pourra recevoir du FMI. Depuis 2016, un pays peut emprunter annuellement un montant maximum de 145% de la contribution qu’il reverse (décidée par sa quote-part), pour un cumul maximum de 435% au total. Ces limites peuvent néanmoins varier en cas de circonstances exceptionnelles, comme cela a été le cas par exemple pour la Grèce au début des années 2010.

Le FMI face à la crise du Coronavirus

Concrètement, qu’a fait et peut faire le FMI pour aider l’économie mondiale en cette période de crise ?

Conseiller sur la situation actuelle et ses potentielles répercussions

Le FMI agit tout d’abord comme conseiller économique et financier, et sa directrice générale, Kristalina Georgieva, s’est donc prononcée sur ses prévisions quant aux potentielles répercussions de la crise. Elle a d’abord insisté sur le fait que le FMI prévoyait une récession mondiale pour 2020, probablement pire que celle en 2009 qui avait suivi la crise financière des subprimes. Pour rappel, celle-ci avait conduit le monde à une récession globale de 0,6%, voir plus dans le cas des pays industrialisés, avec des récessions supérieures à 4% dans certains pays de la zone euro. Les prévisions de croissance mondiale seront publiées quant à elles en mi-avril.

Kristalina Georgieva a ainsi souligné le caractère exceptionnel de la situation, et a incité chaque pays à intensifier les mesures de confinement afin de rendre la crise sanitaire la plus courte possible et par conséquent de minimiser son impact économique. De plus, elle a mis en garde contre une levée prématurée des mesures de confinement qui pourraient nuire fortement aux efforts mondiaux déjà déployés. Elle appelle ainsi les gouvernements à stimuler l’économie mondiale de façon coordonnée

Octroyer des crédits à taux zéro

Kristalina Georgieva estime à 2 500 milliards de dollars les fonds qui vont devoir être nécessaires pour pallier les besoins de financement des pays émergents qui souffrent d’une fuite massive de capitaux. Le FMI a assuré qu’un total de 50 milliards en prêts étaient déjà disponibles, dont 10 milliards pouvant être prêtés à taux zéro avec une échéance de 10 ans (uniquement aux pays en développement, l’Afrique subsaharienne ayant un accès prioritaire). Pour l’instant cette mesure de crédits à taux zéro a déjà été utilisée avec succès 29 fois, dont une l’année dernière pour aider le Mozambique suite aux répercussions du cyclone Idai. La directrice a en outre rappelé que le FMI est en capacité de débloquer 1 000 milliards de dollars de financement aux pays membres qui le souhaiteraient, et les autorise à emprunter jusqu’à 50% de leur contribution (décidée par leur quote-part).

Publication originale le 1 avril 2020, mise à jour le 1 avril 2020

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