Quand la France est championne du monde…des équipements de sport


Tout le monde sait que les coéquipiers de Griezmann ont remporté la coupe du monde du football le 15 juillet à Moscow. Mais, peu de gens savent que la France possède un tissu de PME championnes du monde de certains équipements de sport parfois très particuliers. Des lames d’escrime aux raquettes de tennis de table, les exemples s’enchaînent et les problématiques du financement reviennent !

La France : une nation sportive

La France, restera le pays qui a remis les Jeux Olympiques à l’honneur via le baron Pierre de Coubertin. La future organisation des JO Paris 2024 (100 ans après ceux de 1924) vient nous le rappeler.

La pratique du sport reste assez éclectique comme le soulignent les statistiques du nombre de licenciés, avec une prépondérance pour le football. La France dispose actuellement de l’équipe nationale la plus chère, même si la jeunesse des joueurs y est mathématiquement pour quelque chose (voir notre article Coupe du monde 2018 : comment les joueurs placent-ils leur argent ?).

Au niveau de l’élite, la France conserve un des trois meilleurs ratios de médailles en rapport de sa population comme le soulignait l’historien du sport Patrick Clastres.

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Même si les données récentes manquent, la pratique du sport en France (au-delà des licenciés) aurait ainsi augmenté sur dix ans. L’économie du sport reste malgré tout encore relativement marginale représentant 1,6% des dépenses consommation des ménages (source : DGE : Enjeux et perspectives des industries du sport en France et à l’international) et 1,9% du PIB. C’est cependant un secteur dynamique, l’un des seuls dont les dépenses de consommation avaient augmenté sur 5 ans (avec le secteur du bricolage).

Un tissu de PME

L’on se souvient du rachat controversé d’Adidas par Bernard Tapie, mais l’économie du sport concerne surtout des PME qui adressent un marché mondial estimé à 1200 milliards de dollars. Dans ce domaine certaines PME ont su devenir « championne du monde » dans leur domaine parfois sur des secteurs de niche. En voici quelques exemples plus ou moins connus :

Dans le domaine des sports de montagne, on pourra mentionner Peltz, une société grenobloise, qui partie du monde de la spéléologie a su profiter du boom de la pratique de l’alpinisme (et même se diversifier vers l’équipement professionnel). On pourra également citer Beal, leader mondial des cordes d’escalade. Pour connaître une croissance à deux chiffres, elles ont misé sur l’innovation, la technicité et la sécurité maximale de leurs produits.

Pour se différentier dans le monde de la gymnastique, la société Christian Moreau, référence dans les juste-au-corps, a misé sur le haut-de-gamme, la capacité à personnaliser les produits, via un développement principalement axé sur les prescripteurs en club, au point d’équiper la grande majorité des équipes olympiques mondiales (y compris l’équipe de Chine aux JO de Beijing).

La société Blaise Frères, qui confectionne des lames haut-de-gamme pour l’escrime est un bel exemple de reconversion (elle faisait à l’origine du matériel agricole puis des canes à pêches). Elle exporte 92% de sa production et a fait appel à des alliages issues de l’aéronautique pour produire des lames d’une grande technicité.

Autre illustration de l’excellence liée à la compétition, la société Freejump a fondé son développement en inventant un étrier révolutionnaire, adopté par des nombreux compétiteurs, et en proposant des chaps d’équitation modernes et design loin de l’univers traditionnel du cuir.

Dans un autre domaine, la société Prozone-Amisco (rachetée par le leader américain Stats) a surfé sur la vague de la professionnalisation du sport en tant qu’inventeur d’une technologie de suivi de données et d’analyse sportive. Elle est devenue leader mondial dans les domaines du football en équipant les principales équipes en vue d’améliorer les analyses techniques et la préparation des matchs.

Plus connu, Cornilleau qui faisait dans les années soixante de la menuiserie est devenue le leader mondial du tennis de table, présente dans 75 pays, et réalisant 45% de son chiffre d’affaires à l’export. Elle n’a pas hésité à faire appel à Michelin pour élaborer le revêtement de ses raquettes.

Misant sur une pratique d’origine bien française, l’entreprise familiale boule Obut a su segmenter son offre et conserver une place incontestée de leader sur son marché de niche.

Enfin, la société du Morbihan Heol Composites, spécialiste des matériaux composites a développé une technicité reconnue mondialement dans les « foils » -ces ailerons permettant d’augmenter la vitesse des bateaux – au point d’équiper la majorité des équipages de la course du Vendée Globe.

La problématique de la croissance et du financement

Pour se développer l’ensemble de ces PME ont dû miser sur plusieurs éléments

  • S’adapter aux usages et à la demande, quitte à se reconvertir
  • Mise sur l’innovation et développer des produits reconnus pour leur technicité
  • Exploiter l’image et valoriser le savoir-faire «français» et maintenir dans la mesure du possible une partie de leur production en France (quitte à parfois faire face à des difficultés de recrutement)
  • Se développer pour la plupart à l’export, au point d’y réaliser souvent la majorité de leur chiffre d’affaires,

Toutes ces problématiques nécessitent d’être financées ne serait-ce que pour maintenir un outil industriel en France, ou financer l’export. Ces dépenses (recrutement, innovation, marketing…) par nature immatérielles mais nécessaires pour reste en pointe, ne sont pas toujours suffisamment financées par les banques. Par ailleurs, la levée de fonds propres est une démarche relativement structurante (engageant des notions de valorisation, d’indépendance et de gouvernance).

Dans ce cadre, le crowdlending (crowdfunding en dette) est un outil particulièrement adapté : complémentaire des sources de financement bancaires et en fonds propres pour un coût intermédiaire (taux de 4 à 10%), il offre une grande flexibilité en termes de montant, d’utilisation des fonds et de modalité (in fine ou amortissable, durée de 2 à 7 ans). L’existence de fonds de crédit adossés comme c’est le cas chez WeShareBonds lève par ailleurs l’aléa lié au succès de la levée. Il permet enfin de s’adresser directement au public – et peut-être à la base des pratiquants, ce qui en fait un média particulièrement adapté aux PME du secteur du sport. A quand le futur champion français financé en crowdlending ?


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