Quel est l’impact du télétravail ?

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Mis à jour il y a 4 semaines

La crise sanitaire du Covid-19 qui continue d’apporter son lot quotidien d’incertitudes a également joué un rôle d’accélérateur de tendance. Par exemple, dans le domaine de la consommation, avec l’accélération de l’adoption de l’e-commerce comme mode de consommation — même si les acteurs, cumulant une présence à la fois online et offline, semblent particulièrement plébiscités. Une autre conséquence directe a été le développement, contraint dans un premier temps, du télétravail du fait des mesures sanitaires et de confinement. Celui-ci pourrait cependant s’imposer comme une tendance lourde dans l’avenir — avec des conséquences sur l’organisation du travail, et des retombées sur certains secteurs économiques et sur le marché immobilier. Des changements qui nous amènent alors à nous questionner sur l’impact du télétravail de manière globale et long terme.

Vers une généralisation du télétravail et une nouvelle organisation des entreprises ?

Le « WFH » ou « Working From Home » avait déjà, par le passé, été testé notamment dans les sociétés anglo-saxonnes. Pas toujours bien vu dans l’hexagone, il s’est souvent limité à la garde occasionnelle d’un enfant malade. En France, selon le Ministère du Travail, il n’avait ainsi concerné en 2019 que 3% des salariés et 11% des cadres. Pourtant, la crise sanitaire semble avoir rebattu les cartes, l’OFCE estimant même que 33% des salariés pourraient être concernés par ce mode de travail.

Nous sommes depuis longtemps habitués à recevoir des appels depuis des call-centers ou des intervenants basés à l’autre bout du monde. Pourtant, le Covid-19 a fait du travail à distance une réalité quotidienne, le terme « présentiel » faisant simultanément son apparition dans le langage courant.

Chez PSA, le télétravail est ainsi devenu la norme pour toutes les activités non productives. Au plus fort de la crise, Axa avait annoncé 100% de ses effectifs mondiaux en télétravail. Sans qu’il soit nécessaire d’être au cœur de la Silicon Valley on a vu également l’enseignement à distance ou les téléconsultations médicales se généraliser. Malgré ses avantages, le télétravail pose néanmoins des problèmes d’organisation. Pas forcément apprécié par tous les salariés, sa mise en place doit-elle se faire sur la base du volontariat, ou impliquer un accompagnement matériel, voir une évolution du contrat de travail ? Entre organisation 100% au bureau et « full remote » l’équilibre doit être trouvé pour éviter une désorganisation totale (sans compter les risques accrus de cybercriminalité).

Selon le cabinet de conseil BCG, 64 % des DRH français voient le télétravail d’un bon œil en termes de productivité. La crise a souvent montré — du moins sur le court-terme — qu’il pouvait y avoir des effets bénéfiques en ce sens. Le télétravail pourrait avoir un impact également en termes d’attractivité pour attirer de nouveaux profils, lorsque l’on sait qu’un déplacement moyen à Paris en transport dure 49 minutes. Il ne faut pas cependant écarter le risque d’un effacement des dernières barrières entre vie professionnelle et vie privée et les contraintes immobilières posées aux employés tenus de travailler dans leur espace privé, qui pourraient freiner le mouvement.

Des impacts sectoriels visibles

La crise et le développement du télétravail ont permis à des sociétés de technologie tels que Zoom d’émerger de manière spectaculaire, de même que de nombreux outils de travail collaboratif. Netflix n’avait lui pas attendu la crise pour déjà reconfigurer l’économie du divertissement…

Au jour le jour, le télétravail a également un impact important sur l’économie des centre-villes. Des salariés moins présents sur leur lieu de travail, c’est aussi moins de restauration hors-domicile avec un manque à gagner important pour les restaurateurs et les commerces de centre-villes. D’où le développement de solutions de livraison pour essayer de faire face à la crise.

Que dire des séminaires et autres voyages d’affaires ? Si les déplacements touristiques sont actuellement très contraints par les mesures sanitaires, on peut penser que l’envie de voyager reprendra après la crise (c’est également ce que déclarait Ross McInnes, président du conseil d’administration de Safran, dans une récente interview). Cependant, le télétravail pourrait avoir un impact en amenant à limiter certains déplacements non indispensables et en permettant certaines collaborations à distance.

Impact du télétravail : vers une révolution immobilière ?

Le marché du bureau a connu en France son pire trimestre des 20 dernières années. Ces dernières années, l’immobilier est devenu un poste de plus en plus important en termes de coût (entreprises et ménages confondus). En 20 ans, le poste budgétaire « loyer » des entreprises a fortement augmenté (de 6,6% à 8,3% de la valeur ajoutée). Selon Deloitte, un poste de travail reviendrait en moyen à 5000 à 18 000 euros par an en Île-de-France.

Le développement du télétravail avec une éventuelle nouvelle organisation pourrait également favoriser le développement des solutions de co-working (y compris en tant que solution de proximité pour les salariés en télétravail). La recherche d’une certaine flexibilité au détriment d’engagements à long-terme sans visibilité pourrait ainsi être privilégiée par les entreprises.

Côté particuliers, la crise a fait émerger les « rêves de verdure » chez nombre d’entre eux. La tendance semble assez claire pour la recherche d’acquisitions de résidences secondaires. Dernièrement les prix et la demande ont eu tendance à diverger entre la banlieue et Paris intra-muros — avec une accélération pour la banlieue. La perspective d’un habitat plus confortable loin de Paris, d’un attrait pour des petites communes, rendu possible par les possibilités de télétravail, ne pourra pas cependant concerner tout le monde. Elle se heurte également actuellement à la nécessité d’une confirmation de la tendance : pour pouvoir s’engager plus avant dans cette démarche, il faut pouvoir être sûr qu’il n’y aura pas de retour en arrière.

Publication originale le 24 septembre 2020, mise à jour le 24 septembre 2020

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