L’impact investing, un vif débat!


Avec « Penser Mieux l’Energie », WeShareBonds vient de rembourser avec succès son premier prêt in fine. Cette société, créée en 2015, qui intervient sur le marché réglementé des certificats d’économie d’énergie pour une meilleure efficacité énergétique avait emprunté 400.000 €. WeShareBonds a par ailleurs financé récemment Beka Transport, spécialisée dans le transport de mineurs et de jeunes adultes en situation de handicap intellectuel. L’occasion – loin des polémiques actuelles concernant Greta Thunberg – de revenir sur une tendance de fonds : l’impact investing (investissement à impact social) qui dépasse la dimension purement environnementale.

Quelle réalité pour « l’impact investing » ?

A l’occasion de la journée du climat, nous nous étions intéressés aux initiatives en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique. L’impact investing dépasse cette dimension environnementale. Créée en 2007, à l’initiative de la Fondation Rockefeller, cette approche a été structurée via le Global Impact Investing Network (GIIN) regroupant divers investisseurs internationaux : les 266 répondants de la dernière étude annuelle 2019, géraient 239 milliards de dollars, pour un marché estimé à 502 milliards de dollars fin 2018.

Cette thématique bien qu’en forte croissance reste cependant encore marginale face par exemple à l’approche plus large et ancienne de l’investissement durable et responsable suivant les critères tels de l’ISR (Investissement Social et Responsable) ; et l’ESG ((Environnement, Social, Gouvernance). Cette dernière dépasserait, rien qu’en France, 1.000 milliards d’euros, selon l’Association française de la gestion financière (AFG). Un écart confirmé par les chiffres d’Eurosif.

 

 

La méthodologie au coeur

« L’impact investing » qui consiste à prendre en compte l’impact sociétal et environnemental dans le cadre des investissements présente des défis en terme de méthodologie, notamment pour éviter « l’impact washing »..

L’approche classiquement retenue consiste à prendre comme référence les 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) retenus par les 193 États-membres de l’ONU en septembre 2015. L’objectif pour les investisseurs, est dès lors une démarche  active pour la recherche d’un retour social et environnemental sur investissement, au-delà du rendement financier, majoritairement via des actifs non-cotés. Le Global Impact Investing Network (GIIN) définit ainsi l’impact investing comme « les investissements faits dans les entreprises,les organisations et les fonds avec l’intention de générer des impacts environnementaux et sociaux en même temps qu’un rendement financier ».

 

Au-delà d’une simple stratégie d’exclusion ou de sélection sur la base d’exposition à des critères ESG, il s’agit bien d’une démarche volontariste d’investissement dans des entreprises dont l’action en faveur de l’atteinte des objectifs ODD, devra être mesurable précisément. Elle fera l’objet d’un suivi concret et proactif. Les acteurs financiers de l’Europe du Nord sont particulièrement actifs dans cette approche avec également une forte représentation des investisseurs privés et des family-office.

Reste l’épineuse question de la méthodologie et de la mesurabilité des actions. Au-delà d’une simple exposition à une thématique il s’agit de pouvoir mesurer concrètement le bilan des retombés des actions liés à l’investissement réalisé. Se pose enfin les questions éthiques avec ses conflits éventuels : par exemple une entreprise pétrolière finançant des projets d’efficacité énergétique liés à la production d’énergies fossiles rentrera-t-elle légitimement dans le périmètre ? De même la production d’engrais et de pesticide pourra être légitimement considérée comme contribuant à l’amélioration des rendements et de la « sécurité alimentaire », mais avec par ailleurs un impact environnemental négatif.

Quel futur ?

Malgré ces difficultés, une majorité de gérants se déclarent sensibles au sujet. Une « Commission Impact » rassemble d’ailleurs 26 sociétés de gestion au sein de l’organisation phare FranceInvest (ex-AFIC).

Pour perdurer, cette approche devra faire les preuves de son bien-fondé en termes de retombées concrètes et de rendements, auprès des utilisateurs finaux et de bailleurs de fonds. Signe des temps le fond KKR un des leaders mondiaux de l’investissement lancé récemment l’initiative #KKRGlobalImpact afin d’identifier les opportunités dans ce domaine !

 

 


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