La Chine, l’autre pays des fintechs

La Chine, l’autre pays des Fintechs

L’Europe devrait rapidement mettre en place un cadre européen pour le crowdfunding. D’autres régions du monde bougent également rapidement, notamment l’Asie, et particulièrement la Chine. La deuxième économie mondiale est ces derniers temps plus que jamais au cœur de l’actualité. Moteur de l’économie mondiale, ces trente dernières années, le pays est actuellement confronté à de nombreux défis inédits. Il n’en reste pas moins en tête de nombreux secteurs, avec une place de choix dans le secteur des fintechs.

Des défis multiples

Outre les enjeux d’un pouvoir hyper-centralisé et des mouvements contestataires à Hong-Kong, la Chine, après un cycle de croissance interrompu de plusieurs décennies, est actuellement confrontée à de nombreux défis : ainsi une croissance au plus bas depuis 29 ans, avec un taux officielle à 6,1% en 2019. Aux facteurs internationaux (le conflit commercial, en partie résolu, avec les Etats-Unis de Donal Trump) et aux risques spécifiques (un nouveau coronavirus apparu à la veille du Nouvel An chinois) s’ajoutent des risques structurels intérieurs : arrivé à maturité de certains marchés d’équipement (automobile…), la natalité au plus bas depuis 1961 malgré l’abandon de la politique de « l’enfant unique ». Conséquences : un vieillissement de la population et une baisse de la population active entraînant une pression sur le marché du travail, une hausse des coûts salariaux et finalement une menace pour la compétitivité globale du pays.

Par ailleurs selon l’agence Fitch Rating, le niveau d’endettement des entreprises serait désormais préoccupant avec un taux de défaut record de 4,9% enregistrée sur la dette privée (conséquence en partie des efforts gouvernementaux pour réduire les leviers financiers).  Analyse également partagée par Moody’s.

Les fintechs chinoises à l’offensive   

Pourtant la Chine continue à pousser ses pions sur la scène internationale avec la « Nouvelle Route de la soie » (Ou « Belt and Road Initiative » (BRI)) lancé en 2013 par le président Xi Jinping. Au-delà de l’industrie, la Chine a acquis une place centrale dans les services financiers.

La Chine continue ainsi à dominer le classement annuel KPMG  Fintechs 100, porté par les BATX (Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi) qui rivalisent désormais avec les GAFAM américains.

Ainsi, au-delà de ses propres applications, Tencent multiplie ainsi les acquisitions et investissements  dans les fintechs en Europe : par exemple avec True Layer au Royaume-Uni (openbanking). Mais aussi via deux champions français comme le montre l’annonce récente d’un investissement de 40 millions dans l’application de paiement Lydia, ou bien la participation à la levée de la néo-banque Qonto.  

En France par ailleurs, les deux applications de paiement chinoises, leaders mondiaux – WeChat (Tencent) et Alipay (Alibaba) – qui revendiquent en Chine 600 millions d’utilisateurs pour qui ils sont incontournables au quotidien, ont multiplié les partenariats. Avec les grandes enseignes parisiennes et les établissements bancaires (BNP Paribas et Natixis notamment) en capitalisant pour l’instant sur la communauté chinoise et les touristes asiatiques.

MyBank.cn l’application qui prête autant que toutes les banques françaises réunies

Malgré les renforcements réglementaires, le crowdfunfingchinois a atteint une taille inégalée. La société Ant Financial, bras armé dugroupe Alibaba, a ainsi généré en 4 ans plus de 2 trillons de RMB (290milliards de dollars) de prêt à des PME et des entrepreneurs individuels. Prèsde 20 millions de clients ont ainsi emprunté via des prêts de taille limitée (45%de moins de 10,000 dollars).

Ce système de « crowdlending » imparable profite d’une concurrence moindre du secteur bancaire, mais également d’un processus inégalé de datamining. Associé au gouvernement chinois, la société qui a mis en place MyBank a ainsi développé « Sesame Credit » un système de scoring ou de crédit social (allant bien au-delà de la sphère financière), exploitant  des données financières, patrimoniales, comportementales et transactionnelles, sociales et personnelles. À la clé un système entièrement algorithmique et instantané, générant un taux de défaut de moins de 1% soit trois fois mieux que le secteur bancaire local…

Si l’on peut s’interroger sur les implications politiques d’un tel système ici poussé à l’extrême, celui-ci démontre cependant l’efficacité de l’analyse statistique dans les processus d’analyse crédit. À un autre niveau nous avons chez WeShareBonds intégré dès le départ, le rating des notations banques de France, dans notre process crédit et mis en place en amont des modules d’intelligence artificielle dans notre processus d’analyse.

Publication originale le 22 janvier 2020, mise à jour le 3 février 2020

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