Covid19 : PME, le factor est-il encore une solution ?

l'affacturage pour financer sa trésorerie

Mis à jour il y a 6 mois

L’affacturage (ou factoring) est la solution privilégiée par nombre d’entreprises pour financer leur trésorerie court-terme. Elle est même devenue la première source de financement court terme, devant le découvert bancaire. Dans le contexte actuel lié au Covid-19, cette solution très populaire est soumise à une forte pression.

L’affacturage pour financer sa trésorerie d’entreprise sous pression ?

L’affacturage pour financer sa trésorerie permet, pour rappel, d’obtenir immédiatement auprès de la société d’affacturage (le factor) le paiement de ses factures. Le client payant suivant les conditions générales de ventes avec des délais pouvant aller jusqu’à 60 jours, le factoring est devenu une ressource essentielle de la liquidité des entreprises.

La France parmi les championnes du monde de l’affacturage

Issu à l’origine du monde anglo-saxon, l’affacturage est désormais adopté massivement par les entreprises françaises. Les encours pour s’établir à 320,4 milliards d’euros (10,2%) fin 2018, une tendance confirmée en 2019 selon les chiffres du 1er semestre.
A titre de comparaison, les crédits de trésorerie court-terme (découverts) accordés par les banques se montent à 170 milliards d’euros.
Plus 40 000 entreprises françaises seraient concernées dont 33% de PME (les plus petites entreprises privilégiant le découvert). Ceci place la France en 2ème position au niveau mondial derrière la Chine et devant le Royaume-Uni dans le domaine de l’affacturage.

L’affacturage : un outil à plusieurs dimensions confronté à la crise du Covid-19

Les PME qui mobilisent leurs créances pour financer leur trésorerie trouvent auprès de leur factor un service à plusieurs dimensions :

  • Cession de créances pour financer sa trésorerie
  • Délégation de gestion du poste client au factor
  • Avance de trésorerie sans cession de créances au factor
  • Délégation d’une assurance-crédit

S’il a pu s’adresser au départ à des sociétés en mal d’accès au financement classique, le factoring a depuis été également adopté par des sociétés en croissance pour optimiser leur trésorerie. L’affacturage pour financer sa trésorerie n’est pas adapté à toutes les situations, notamment car il a ses propres contraintes : éligibilité des créances (la qualités de crédit du client est analysée par le factor) ; dépôt de garantie (visant à couvrir un risque de perte) ; traitement en back-office, mais il remplit une fonction centrale du financement inter-entreprises. Dans le contexte actuel, les factors risquent de se retrouver rapidement confrontés à une double contrainte : hausse prévisible des défauts et des créances non recouvrées, et assèchement du volume de nouvelles créances lié à une baisse d’activité des entreprises.

Un plan pour préserver les assureurs-crédits qui sont un maillon essentiel de la chaîne

Plus généralement le crédit inter-entreprises en France représente un volume de 700 milliards d’euros dont une grande partie est donc factorisée. Par ailleurs des assurances-crédit couvrent près de 200 milliards d’euros de créances contre les défauts de paiement client (via des acteurs tels qu’Euler Hermes et Altradius). Ces assureurs sont ainsi l’un des garants du fonctionnement du marché de l’affacturage, en reprenant une partie du risque porté par les factors sur les créances qu’il assument. Or Euler Hermes a prévu une hausse de 8% des défaillances d’entreprise en 2020 du fait du Covid-19 (et une hausse à deux chiffres au niveau mondial), après 4 années consécutives d’amélioration.

Dans ce contexte, pour sécuriser ces assureurs, l’État français a lancé en urgence un plan de réassurance de 10 milliards d’euros qui sera géré par la Caisse Centrale de Réassurance. Bruno Le Maire a également annoncé une initiative de 2 milliards pour l’export via l’extension du dispositif Cap Francexport.

Cependant les acteurs du factoring, qui sont soit des filiales de groupes bancaire (par exemple BNP Paribas Factor, BPCE Factor, CA Eurofactor), soit des indépendants (Factofrance) ne devraient pas bénéficier des mécanismes de garantie mis en place par l’état au profit des banques .

Banques et acteurs alternatifs du financement doivent prendre le relais du financement des entreprises

En attendant un retour à la normale, les acteurs bancaires et également du financement alternatif seront plus que jamais en première ligne pour assurer le financement de la trésorerie des PME

Une garantie de 300 milliards d’euros pour pousser les banques à plus prêter

L’Etat a mis en place une garantie à hauteur de 300 milliards d’euros pour les nouveaux crédits accordés aux entreprises jusqu’au 31 décembre 2020 par les banques. Une garantie de 90% couvrira ainsi tout nouveau crédit accordé aux entreprises et PME (ces prêts ne pourront de plus pas faire l’objet d’autre garantie ou sûreté qui serait donnée par les entreprises emprunteuses)

Ce plan massif (combiné aux allègements de charges et au chômage partiel) doit permettre de soutenir la production de crédit et la trésorerie des entreprises pendant la crise : A titre de comparaison l’encours total des crédits de trésorerie bancaire était fin 2019 de 240 milliards d’euros.

Covid-19 : WeShareBonds élargie son offre de financement pour les PME

Depuis son apparition en 2016, le financement participatif, ou “crowdfunding” s’est positionné comme une source de financement alternatif pour les PME, complémentaire des banques (qui ont perdu leur monopole historique sur l’octroi de crédit).

Dans le contexte actuel, pour soutenir et financer au mieux les entreprises, WeShareBonds a adapté son offre et mis en place une nouvelle offre de crédit court terme (3, 6, 9 et 12 mois) avec des frais réduits et des délais de réponses de 72h à destination des PME. L’offre incluant des prêts remboursables in fine ou amortissables trimestriellement – est accessible aux entreprises de plus de 1 M€ de chiffre d’affaires et affichant un EBE supérieur à 100 K€.

Publication originale le 26 mars 2020, mise à jour le 26 mars 2020

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