Tout savoir sur le plan de financement


Que ce soit pour l’entrepreneur en recherche de financement (et dans sa gestion quotidienne) ou pour l’investisseur, le plan de financement est un élément clé. En quoi est-il un outil de gestion essentiel, et quelles en sont les principales composantes ?

Pourquoi le plan de financement est essentiel ?

Le plan de financement est une dérivée, un complément, des éléments comptables (compte de résultat, bilan) ou prévisionnels (business plan).

Le plan de financement va ainsi permettre de déterminer les montants de financement nécessaires et doit être mis en place sur la base d’un prévisionnel de trésorerie, pour assurer la viabilité et le développement pérenne de la société (dans l’année et généralement sur un horizon à 3 ans).

Cette vision est essentielle car elle est le juge de paix qui permettra de déterminer de combien dispose ou a besoin la société pour mener à bien son développement. Elle permettra de prévoir quelles ressources financières doivent être mobilisées sur chaque période pour assurer la continuité de l’exploitation : si l’argent vient à manquer, la société sera contrainte soit de renoncer à certains projets (des investissements nécessaires pour se développer plus largement), soit dans le pire des cas à cesser son activité : le cash est en effet le carburant en dernier ressort pour la survie de l’entreprise. L’expression « cessation de paiement » porte en soit cette signification : au-delà des notions de rentabilité, de retour sur investissement, la société n’est tout simplement plus en capacité et « cesse » de payer.

Même si l’on ne peut pas prévoir le futur avec certitude (réalisation des objectifs du budget ou à plus long terme du business plan), avoir un plan de financement prévisionnel bien construit et bien suivi permettra d’orienter les décisions de gestion, d’anticiper la sollicitation le cas échéant des partenaires financiers (actionnaires, banques, plateformes de financement participatif) ou commerciaux (négociation des termes de paiement client/fournisseur).

Sur la base de différents scénarios prévisionnels (taux de croissance du chiffre d’affaires, signature et renouvellement de contrats, taux de marge, BFR, montants des investissements, etc), l’on pourra mesurer les marges de manœuvre prévisibles, et prendre les bons arbitrages et décisions nécessaires.

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Le cash ne ment pas

« Le cash ne ment pas » signifie que quels que soient les artifices comptables, la somme des flux réels enregistrés sur les comptes en banque de l’entreprise devront être au final cohérents avec les éléments comptables enregistrés : c’est la base des « rapprochements bancaires » chers aux auditeurs.  S’il y a une différence cela signifiera que soit les relevés bancaires sont faux soit que la vision comptable est erronée.

Par ailleurs le cash-flow est au final une composante essentielle pour mesurer la santé de l’entreprise (et pour un prêteur la capacité de l’emprunteur à rembourser sa dette !). Nous avons déjà vu dans l’article « Analyse du BFR : un élément clé du financement de l’exploitation » que par exemple pour une société de prêt-à-porter produisant Chine et « portant » ses collections sur plusieurs mois, derrière une situation comptable mirobolante montrant des profits et de la croissance pouvaient en fait se cacher une situation financière problématique nécessitant des apports externes du fait d’un décalage entre les délais et périodes de paiement aux fournisseurs et les encaissements auprès des clients d’autre part.

Les différents flux

De même qu’en comptabilité d’entreprise les colonnes actif et passif d’un bilan sont par nature équilibrées, la variation de trésorerie passée ou future, correspondra forcément à la combinaison de plusieurs flux :

  • Les flux d’exploitation : ils sont calculés à partir des ratios comptables du compte de résultat (résultat net ou excédent brut d’exploitation) retraités de certains éléments qui ne représentent pas des flux « cash » (par exemple une provision comptable pour risque ou un amortissement comptable). En intégrant les éléments liés aux délais de paiements client/fournisseurs (la variation de BFR), l’on aura une vision globale du flux de trésorerie (qu’il soit positif ou négatif) généré par l’exploitation de l’entreprise.
  • Les flux liés à l’investissement : pour se développer la société va ensuite devoir décaisser des flux de trésorerie pour financer ses investissements (machines, etc) ou des acquisitions (acquisition d’une entreprise par exemple). Si à l’inverse l’entreprise fait des cessions d’actifs cela lui rapportera de la trésorerie. Le solde entrées/sorties déterminera ce deuxième flux.
  • Les flux liés au financement : cela couvrira les flux avec les banques (solde entre les nouveaux emprunts et les remboursements) et avec les actionnaires (augmentation de capital ou au contraire réduction de capital ou versement de dividendes aux actionnaires).

Au global la somme de ces trois flux complémentaires déterminera la variation de trésorerie sur une période. En ajoutant les variations de trésorerie (positives ou négatives) sur une période donnée à solde initial de trésorerie disponible (le « cash » disponible banque en fait) l’on pourra déterminer sur chaque échéance le solde cumulé reste positif. Si l’on prévoit ou s’aperçoit qu’il devient négatif à une échéance donnée, cela signifiera un trou de trésorerie, une incapacité à faire face à ses obligations, et il faudra alors absolument prévoir une solution (augmentation de capital, cession d’actif si possible, nouveau prêt ou échéancier, etc)

L’application au crowdlending

Chez WeShareBonds, en tant que plateforme de crowdlending, nous devons chercher au maximum à nous assurer que l’emprunteur aura la capacité à rembourser l’emprunt qu’il a contracté.  Le taux et la maturité proposée refléterons le niveau de risque perçu.

En cela, le plan de financement sera l’élément clé résultant de notre analyse. Bien entendu ce plan de financement n’aura aucune valeur s’il n’a pas été bâti sur des hypothèses crédibles et cohérentes concernant l’évolution de l’exploitation, du marché etc.

Cependant, plusieurs éléments entreront à ligne de compte au global. Pour la réalisation du business plan : de quel degré de visibilité dispose-t-on ? Les hypothèses présentées sont-elles suffisamment conservatrices ? Par ailleurs nous chercherons à corroborer cela par l’historique de l’entreprise (c’est pour cela que nous visons de entreprises déjà âgées de trois ans), et des éléments humains liés au parcours et à la personnalité du dirigeant. Enfin, un élément plus statistique et normé sur un taux de défaut possible : la notation Banque de France 

Au final nous viserons deux objectifs :

  • Proposer un taux brut reflétant une rémunération juste du risque
  • Viser un taux de défaut maîtrisé afin de ne pas dégrader la performance pour les prêteurs.

 


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