Les acteurs du crowdlending factuels et matures à LendIt 2016


Cyril tramon de WeShareBonds et Olivier Grandry de Phillimore à LendIt 2016

L’édition 2016 du salon LendIt s’est ouverte lundi à Londres. les plate-formes de prêts en ligne sont désormais bien loin du crowdfunding.

La crème de l’industrie européenne est réunie à Londres au salon LendIt, avec quelques acteurs français présents, mais pour l’essentiel, comme les années précédentes, les plateformes anglaises et leur environnement direct (fonds de Credit, …).

Le niveau de maturité a progressé avec les premières titrisations emblématiques de Zopa et funding circle. Les tenants du crowdfunding qui résistent dans leur village gaulois sont désormais bien les seuls.

Le nom du métier oscille désormais entre « online lending » et « p2p lending »

A tel point que le nom du métier oscille désormais entre « online lending » et « p2p lending », mais certainement pas « crowdfunding », qui semble réservé au don ou au capital (equity), dont les tailles respectives et le niveau de maturité sont à des années lumières du marché du Crédit.

Dans cet univers de taux proches de zéro, le futur s’annonce plutôt favorablement

Désormais le moto est d’avoir une clientèle diversifiée et certes de ne pas dépendre de quelques fonds, de peur d’être à leur merci. Les particuliers sont salués pour leur fidélité, et leur confiance.

Une étude sérieuse prouve par ailleurs que le Crédit originé via les plateformes rapporte bien de 4 à 5 pour cent net, et que le risque Crédit est maîtrisé : environ 2% avec un pic estimé à 4% en cas de crise grave. Zopa est là depuis 2005. Funding circle a la taille et l’historique… et dans cet univers de taux proches de zéro, le futur s’annonce plutôt favorablement.

Lending Club est un modèle américain. Les Européens ne prêtent pas sur leur bilan mais via des fonds

Par ailleurs, Dans un contexte où le marché américain a été secoué par m’affaire lending club, et plus généralement par une approche plus exigeante des investisseurs, le marché européen, avec son modèle de financement en direct ou via des fonds, et non via un bilan, affiche une bonne santé.

Le marché anglais croit désormais 2 à 3 fois moins vite que le reste de l’Europe, plaidant ainsi pour la convergence de taille attendue dans quelques années.

La fintech, ce groupe de banquiers passionnés et modernes

Les sujets de conversations sont, comme l’écrit Édouard Lederer, sérieux et ressemblent à ceux d’une assemblée de banquiers. Cela est vrai. Mais l’approche des sujets est originale et moderne, les gens sont passionnés, et croient en ce qu ils font. C’est la grande et essentielle différence qui pour le coup, mérite d’être soulignée.

On en revient au fait que les fintech ne sont pas là pour faire la révolution des process et des systèmes, mais plutôt une évolution radicale des valeurs et des mentalités en s’appuyant sur la technologie pour y arriver.

#1 La transparence

Le point clé est la transparence du système : cela n’a l’air de rien mais cela est fondamentalement différent de l’approche des banques.

Slide de AltFi sur la transparence à LendIt 2016, factuels, grand hôtel acteurs

#2 Remise en question de l’intermédiation

La deuxièmement évolution fondamentale est que le bon vieux système d’intermédiation et de pouvoir centralisé est revu complètement. Le particulier voit les mêmes choses que l’institutionnel, participe aux mêmes conditions et est libre de mettre son épargne dans l’économie réelle, que les banques ont plutôt désertées pour faire des profits dans les dérivés et autres produits financiers aux parcours parfois douteux. Cette route n’existe pas à lendit. On parle Crédit entre gens bien formés, ex-banquiers, des vidocqs de la finance qui connaissent par cœur le système et veulent simplement une finance qui rapporte par ce qu’elle promet, à savoir du rendement sur des crédits à l’économie réelle.

#3 L’innovation

Last But not Least, comme l’a dit un représentant de Index Ventures, sur le segment du Crédit aux entreprises, le sentiment est que l’on est qu’au début de l’histoire, il y a tant de choses à créer, les besoins sont immenses, et personnellement, mettre un costume plutôt qu’un tee shirt quand il fait froid et qu’on est dans un grand hôtel, ne m’indique pas que l’ambiance est au doute, bien au contraire, l’ambiance est au travail !

 


Voir les commentaires