Les plateformes de crédit online : un marché secondaire ?


les plateformes de crédit, financement participatif, crowdlendingLes plateformes de crédit online : De nombreux obstacles et conditions se dressent sur leur route

Aujourd’hui, il n’existe pas de marché secondaire pour les crédits aux PME et TPE faits via les plateformes de crédit online. D’abord, pour des raisons contractuelles : il faudrait en effet que les contrats de prêts soient cessibles, ce qui n’est pas la norme pour les contrats de prêts, qui représentent une part importante de notre marché.
Si c’est désormais possible pour les emprunts obligataires, comme ceux mis en place via wesharebonds, il faudrait ensuite l’autorisation des régulateurs : banque de France et ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Régulation) pour les contrats de prêts sur les plateformes dites IFP (Intermédiaire en Investissement Participatif), et AMF (Autorité des Marchés Financiers) pour les CIP (Conseiller en Investissement Participatif) comme wesharebonds. À date rien ne permet de penser que les régulateurs soient ouverts à la discussion sur ce sujet.
Enfin, si une telle possibilité était offerte, serait-on dans un modèle à l’anglaise ou les plateformes organisent leur secondaire elle-même, ou dans un modèle de centralisation, souvent dans l’esprit français, ce qui serait le grand rêve de la plateforme alternativa – qui peine à trouver un business model – ou d’autres acteurs du type comparateurs qui se positionnent aujourd’hui sur le créneau des comparateurs pour préempter demain le secondaire.
Surtout, un problème majeur se profile pour les particuliers, à savoir la valorisation de l’actif. Que ce soit simplement sur la base du pair ou de provisions en fonction du risque, ou des modèles de fair Market value qui tiennent compte des taux et du risque. Sur ce dernier point, la valorisation des Prêt aux TPE sera un vrai challenge vu l’absence de data sur les taux de défauts de ces petites entreprises, et par extension du coût du risque.

Cela nécessiterait la cessibilité des contrats de prêts, l’accord des régulateurs, le choix d’un modèle à l’anglaise ou de centralisation et surtout la capacité à valoriser l’actif pour les particuliers

Une question inévitable que les syndicats de la profession doivent aborder

En dépit de tout cela, il est évident que la question du secondaire va se poser. Aujourd’hui, les particuliers n’ont pas la possibilité de s’assurer contre les accidents de la vie (chômage, décès, invalidité) qui rendraient nécessaire de céder ces actifs au juste prix. Pas de liquidité signifie aussi que ces actifs ne peuvent être intégrés dans les produits financiers classiques comme l’assurance-vie.
Ce sujet est un des sujets qui doivent être traités par les syndicats de la profession comme France fintech selon Nous. Certains acteurs, comme  le site crowdlending.fr en sont de très bons avocats. Chez wesharebonds, nous souhaitons effectivement que les particuliers soient mieux protégés mais en même temps nous sommes réticents à encourager toute communication qui ferait oublier les risques inhérents à ce type d’investissement, et surtout, nous souhaitons être vigilant face aux marchands du temple, toujours capable de transformer en liquide ce qui ne l’est pas…et on sait ce que cela a donné en 2008.
Nous réfléchissons de notre côté à des solutions internes qui par exemple, permettraient à nos fonds de Credit d’assurer ce type de liquidités en cas d’accident de la vie, sur la base des valorisations des emprunts obligataires tels que valorisés par le valorisateur du fonds. Cela nécessite néanmoins d’échanger avec notre régulateur, de le faire dans la limite d’exposition du fonds à chaque investissement, et certainement de respecter d’autres pratiques.

Nos fonds de crédits pourraient assurer ce type de liquidité sur la base des valorisation des emprunts obligataires tels que valorisés par le valorisateur de fonds

Le sujet du marché secondaire est encore très embryonnaire en France, et au travers de notre actualité et celle de la profession, Nous vous tiendrons informé de son évolution.

Voir les commentaires