Coronavirus : les Secteurs les Plus Impactés (2/2)

secteurs impactés par le covid19

Mis à jour il y a 2 mois

Cela fait maintenant plus de 6 semaines que le confinement est mis en place en France, et les dégâts sous-jacents sur l’économie réelle sont dévastateurs. Les secteurs impactés par le coronavirus doivent continuer à mettre en place des mesures d’urgence afin de surmonter le risque de liquidités imminent, tout en réfléchissant à des stratégies long-terme pour répondre aux changements post-coronavirus. Nous avions précédemment analysé trois secteurs fortement impactés : tourisme & voyage, mode et habillement, et le transport aérien. Retour sur trois autres secteurs fortement impactés par la crise du coronavirus.

L’industrie automobile

Le secteur de l’automobile se retrouve également en première ligne de la crise. Non seulement les industriels, mais aussi tous les acteurs de la branche, tels que concessionnaires ou garagistes. Sachant que le secteur automobile est le premier secteur en matière d’emploi en France, avec près de 10 % des salariés à lui tout seul.

Avec une baisse de 72 % de ventes de voitures neuves en mars en France, et zéro ventes prévues pour le mois d’avril, c’est l’intégralité du secteur qui est à l’arrêt. Depuis le début du confinement les entreprises Michelin, Renault et PSA ont totalement arrêté leurs usines en mettant en place massivement le chômage partiel.

Les garages ont encore l’autorisation d’ouvrir, étant considérés comme un service de première nécessité par le gouvernement. Mais vu la réduction massive du trafic automobile, l’activité des garagistes est quasiment nulle. Certains ont maintenu les opérations d’entretien et de réparation, mais très partiellement, et le secteur enregistre une baisse d’activité de plus de 80 %.

Dans une situation qui est comparable à celle d’une économie de guerre, les grands fabricants ont répondu à l’appel du gouvernement pour lancer une production de respirateurs afin de venir en aide aux malades du Covid-19. Un consortium mené par L’Air Liquide a impliqué Renault et Peugeot pour la fabrication et l’assemblage du bloc central, la fabrication des joints étant traitée par Michelin, tandis que la logistique d’achat et d’industrialisation est gérée par Valeo. Cependant cette activité reste économiquement anecdotique, ne représentant qu’à peine 0,5 % de la production normale des géants de l’automobile.

Il pourrait néanmoins y avoir un effet de rattrapage sur le secteur de l’automobile, avec un report des ventes de voitures non réalisées pendant le confinement. Un bon nombre de français ont pu épargner de manière “forcée” ces deux derniers mois, et la crainte (ou la difficulté) de reprendre les transports en commun pourrait pousser à nouveau les Français à acheter des voitures. Toutefois, la reprise sera forcément lente, très dépendante de la confiance des consommateurs, et ne compensera probablement pas le manque à gagner des mois de confinement.

Le marché du sport

Depuis le début de la crise sanitaire, le monde du sport est complètement à l’arrêt. Tous les événements sportifs, amateurs comme professionnels, sont annulés ou reportés. Suite aux annonces du gouvernement, la LFP (Ligue de Football Professionnel) a confirmé mardi 28 avril que les championnats professionnels ne reprendraient pas cette saison.

Dans le football, les droits TV représentent environ 36 % du chiffre d’affaires des clubs professionnels selon la DNCG. Pour le championnat français, Canal + et BeIN Sport, les deux diffuseurs, ont gelé les versements des droits. L’impossibilité de jouer les matchs de la saison va avoir un impact massif sur le chiffre d’affaires des clubs, et les pertes sont si significatives que les conséquences les plus probables en seront l’explosion des droits TV pour la saison prochaine, afin de compenser les pertes de cette année.

En France, on compte 16 millions de sportifs licenciés et 35 millions de pratiquants. Selon une étude de la BPCE (organe central de la Banque Populaire et de la Caisse d’Épargne), le secteur sportif pèse 77 milliards d’euros et 150 000 emplois.

De plus la filière des grandes enseignes sportives, comme Go Sport et Décathlon, sont sous le coup de fermetures administratives. Par ailleurs, un effet de rattrapage sur le secteur est peu probable, notamment car le marché de matériel du sport est directement corrélé aux grandes compétitions internationales : les Jeux olympiques, le Championnat d’Europe de football, le Tournoi de Wimbledon… autant d’événements sportifs majeurs n’auront pas lieu en 2020.

La restauration

L’année 2020 s’annonçait comme l’année des records pour la filière. Rien ne s’est passé comme prévu avec le coronavirus. 430 millions de repas perdus, près de 3,5 mds € de CA envolés, et 1,1 md€ de manque à gagner pour les fournisseurs. Le secteur n’a aucune visibilité quant à la reprise de l’activité, le gouvernement ayant déclaré qu’il ne se prononcerait pas avant fin mai sur un plan de réouverture.

Les scénarios possibles de reprise restent difficiles à envisager, compte tenu de la nature par essence “commensale” de ce secteur. La restauration scolaire devrait reprendre avec la réouverture des écoles prévue avec le déconfinement progressif à partir du 11 mai. La restauration de type snacking et fast-food devrait redémarrer rapidement, avant toute autre forme de restauration, car s’appuyant déjà beaucoup sur la vente à emporter.

Les défis seront multiples pour le secteur. Il s’agira d’imaginer de nouvelles pratiques, de nouvelles manières de créer du lien et de la convivialité, afin de permettre aux clients de se réunir en toute sécurité, tout en mettant en place des normes d’hygiènes compatibles aussi bien pour les employés que pour les clients.

Publication originale le 29 avril 2020, mise à jour le 29 avril 2020

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