Le Livret A, peut-il concurrencer les autres placements ?


Etat des lieux du livret A 

2016 : un solde de collecte à nouveau positif

Après deux années de forte décollecte (-6Mds € en 2014 et -9,3 Mds€ en 2015), le livret A vient de connaitre en 2016 un solde de collecte à nouveau positif de +1,9Mds € et un très bon début d’année 2017 (pour un encours total du livret A de 260Mds €).

Le passage de la rémunération du livret A sous le seuil symbolique des 1% avait sans doute joué un rôle de catalyseur de tendance, mais l’effet semble avoir été largement amorti (ceci peut être lié aux interrogations et inquiétudes sur les contrats d’assurance-vie et à la loi Sapin II ?). Toujours est-il qu’avec un taux de 0,75% (pourtant bonifié par rapport à sa valeur théorique) le livret A ne rapporte quasiment rien (certes un taux supérieur à d’autres livrets d’épargne réglementés type CEL par exemple) et l’on reste loin des taux de 4% que l’on pouvait encore observer en 2008 !

Un produit encadré

Malgré la libéralisation de sa distribution auprès des banques et la fin de l’exclusivité dont bénéficiaient certains acteurs historiques (La Banque Postale, La Caisse d’épargne) ce produit reste assez réglementé. Il faut préciser que la détention d’un compte livret A est limitée à un livret par personne (il y en aurait déjà 60 millions), et que par ailleurs le plafond d’encours maximum autorisé (bien que presque doublé lors du quinquennat de François Hollande) est toujours limité à 22 950€ hors intérêts capitalisés (ce qui représente une rémunération maximum d’environ 170€/an au taux actuel…).

Le livret A est enfin sans risque, complètement liquide, et ne supporte par ailleurs aucune fiscalité, ce qui est à mettre à son crédit en regard d’un niveau faible de rémunération brute.

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Faut-il en finir avec le livret A ?

La mission du livret A reste d’actualité…

Le livret A qui fêtera son bicentenaire en 2018, a-t-il toujours sa raison d’être dans l’économie actuelle ? Créé dans le but d’offrir un outil de prévoyance au plus grand nombre, ses dépôts sont centralisés auprès de la Caisse des Dépôts, organisme public. Cette centralisation, précédemment de 100%, est désormais d’environ 65%, les banques partenaires de la collecte pouvant sous certaines conditions conserver désormais les encours.

La mission principale du livret A reste d’actualité, car elle permet de participer au financement du logement social, d’acquérir de la dette d’état, ou de financer au cas par cas des collectivités locales.

Outre la critique « citoyenne » relative à son absence totale de fiscalité (y compris les prélèvements sociaux), le livret A en fournissant un produit de rémunération de liquidité que n’offrent pas les comptes courants, a été accusé par les banques d’introduire une concurrence déloyale en détournant une partie de l’épargne et des dépôts de leurs clients. Cela mettant à mal le fameux ratio de Bale 3, qui leur permet de dégager des marges de manœuvre pour accorder des prêts à l’économie réelle. L’argument certes légitime a été en partie retourné : les banques ayant obtenu le pouvoir de conserver une partie des encours face à la Caisse des Dépôts, en s’engageant en retour à prêter une majorité des sommes ainsi récupérées à des PME.

…Mais ne participe pas au financement de l’économie réelle

Selon les statistiques de la Banque de France, les dépôts bancaires de la clientèle non financière résidente et non résidente représentaient au 31 décembre 2016, l’équivalent de 1861 milliards d’euros (dont 1/3 concentré en Île-de-France). Si l’on exclut les comptes ordinaires, cela laisse plus de 1 200 milliards d’euros sur divers livrets (livret A, PEL, comptes d’Epargne populaire) soit presque autant que l’assurance-vie. En réorientant ne serait-ce qu’une petite partie de ce stock d’épargne vers les PME et l’économie réelle via le crowdlending ou le financement participatif, cela représenterait une aide significative pour les PME. En effet, les PME en besoin de financement perçoivent 120 millions d’euros du financement participatif, et seulement 50 milliards de prêts bancaires sont accordés.  Il restera alors à se pencher sur le niveau de la fiscalisation de cette épargne, mais cela est un autre sujet…


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