Quel est le meilleur placement financier ?

cette image montre quel est le meilleur placement financier

Mis à jour il y a 6 mois

La réponse triviale serait que le meilleur placement financier est… celui qui rapporte le plus. Cette réponse n’aurait pas vraiment de sens. Tout d’abord ainsi qu’il est fréquemment rappelé que « les performances passées ne présagent pas des performances futures ». Pour les produits à forte volatilité, la performance sera par ailleurs radicalement différente selon les périodes considérées. Le meilleur placement financier doit-être adapté à chaque profil investisseur (niveau de risque, montant, liquidité). Chacun des principaux supports d’investissement : assurance-vie, livret A ; actions et obligations cotées ou non-cotées ; crowdfunding, immobilier et « pierre-papier » présente ses avantages comparatifs. Actions et immobiliers ont été cependant gagnants sur le long-terme. À condition d’accepter une certaine dose de risque. Selon l’enquête périodique de l’AMF, les Français attachent une importance au niveau de risque et de rendement. Pourtant, ils ne semblent pas privilégier dans leurs actes la meilleure allocation.

Existe-t-il un “meilleur placement financier” ?

La « pierre philosophale » de l’investisseur n’existe pas… Tout juste peut-on déterminer que certains investissements sont historiquement plus performants. Cela n’immunise pas contre de mauvaises décisions : ainsi un investisseur qui aurait investi sur la bourse japonaise ; avant l’éclatement de la bulle du début des années 90 ; aurait dû attendre plus de 30 ans avant de retrouver son cours d’achat.

Meilleur placement financier : le passé ne garantit pas le futur

Pour la plupart des types de placements ; il existe des données historiques et statistiques qui permettent de déterminer deux éléments clés ; le rendement moyen et la volatilité (ou écart type par rapport au rendement moyen). La difficulté principale est que le passé ne garantit pas les performances futures.


Ces éléments statistiques et historiques peuvent néanmoins servir de base à l’analyse. D’ailleurs dans le domaine de la gestion d’actifs ; le « track record » (ou les performances passées) ; des gestionnaires de fonds (ou d’entreprises en général) sont un élément clés pour les investisseurs. Certes « les performances passées ne présagent pas des performances futures » mais elles sont une aide à la décision.
Statistiquement, plus l’horizon de temps est long plus la performance se rapprochera d’une tendance statistique moyenne. De même un niveau de diversification suffisant permettra de se rapprocher d’un scénario central ; en diminuant le niveau de risque et les « mauvaises surprises ».

L’impact du contexte économique

Des éléments structurels et spécifiques vont renforcer l’attractivité de certains secteurs économiques ; (numérique, « silver économie“, demande d’énergie poussée par la croissance, vitalité démographique pour le logement…).
Des éléments macro-économiques (taux, inflation) influenceront également la nature du meilleur placement. Le prix de certains actifs (bourse, immobilier) a ainsi considérablement bien performé ces dernières années y compris lors des épisodes récents de récession.

Certains fondamentaux peuvent expliquer la tendance (par exemple rareté et pénurie de logements) mais un facteur déterminant a été l’augmentation des liquidités injectées dans l’économie avec une politique de taux très bas. De même que l’augmentation des droits TV dans le football sont allés de pair avec une inflation incontrôlée des salaires, les liquidités injectés par les banques centrales ont contribué à gonfler le prix des actifs.

D’ailleurs on observe historiquement une corrélation entre actions, foncières côtés, et SCPI (une bonne performance économique et une croissance des entreprises, favorise le cours des actions, mais également leur projet immobilier). Il est intéressant de noter que cette corrélation a disparu post-Covid19 (les marchés actions continuant de monter).
Ces dernières années le niveau des taux bas et les facilités d’emprunt, l’augmentation des liquidités dans l’économie, ont par ailleurs permis un usage très profitable de l’effet de levier. Emprunter pour réinvestir aura été un choix judicieux sur la période.

Meilleur placement financier : liquidité et diversification

La liquidité d’un investissement est un élément clé dans le choix du meilleur placement. En effet, la possibilité de pouvoir liquider facilement son investissement et à des conditions de marché est un avantage important. C’est la garantie de pouvoir accéder à ses fonds à tout moment, d’en disposer pour un autre usage, éventuellement pour réorienter sa stratégie d’investissement.
Néanmoins, la plupart du temps, performance élevée synonyme de liquidité limité et de détention à long terme. D’ailleurs les assureurs-vie ont commencé à introduire des contraintes sur les contrats euros mettant ainsi fin au duo : performance garantie et liquidité à tout moment.
Le meilleur placement (pas forcément le plus rémunérateur, mais le plus équilibré) est un placement combinant plusieurs horizons de temps, différents degrés de liquidité et risque, permettant de lisser la performance, de diversifier dans la durée et d’optimiser le coupe risque/rendement.

Meilleur placement financier : rendement récurrent vs. plus-value

Point indirectement lié à la liquidité des investissements, l’investisseur peut faire un arbitrage entre revenu récurrent et plus-value long-terme. Par exemple en termes d’investissement boursier : entre des actions matures, mais avec des niveaux de dividendes élevés (les actions « value ») et des flux financiers réguliers, par rapport à des profils de société à plus forte croissance. Pas forcément rentables, mais avec une projection de croissance à long-terme (les actions « growth »).
On retrouve cette dichotomie par exemple dans les SCPI, entre des portefeuilles immobiliers distribuant des revenus récurrents et ceux visant avant tout une valorisation long-terme des actifs. Cela peut-avoir des implications fiscales dans certains cas : par exemple dans certains pays les coupons ou dividendes seront imposées, mais les plus-values exonérées d’impôt.
L’utilisation de l’effet de levier peut permettre de réconcilier les deux stratégies : prenons l’exemple de deux actifs immobiliers :

  • un bien à haut rendement, mais à faible potentiel d’appréciation (par exemple un entrepôt mal situé)
  • Face à un investissement à faible rendement locatif, mais dont le prix devrait s’apprécier plus fortement (logement dans un centre-ville attractif par exemple).

In fine sur le long terme la deuxième solution sera a priori gagnante face au premier actif dont le prix aura stagné, et dont les loyers supérieurs ne combleront pas la différence de gain. Cependant, le haut rendement locatif du premier actif permettra un usage plus important de l’effet de levier avec un impact multiplicateur sur le rendement des capitaux investis. Permettant alors de rejoindre voir de dépasser la performance du deuxième actif. Attention cependant : l’effet de levier augmente le risque.

Meilleur placement, le match : immobilier, assurance-vie, actions obligations…

Sur le long terme, actions et immobiliers ont le plus performé. Le lien entre volatilité et performance long-terme semble respecté. D’où l’intérêt de bien prendre en compte et gérer ces deux composantes.

Meilleur placement : action et immobilier les grands gagnants

L’IEIF (L’institut de l’Epargne Immobilière et Foncière) se livre annuellement à une étude périodique comparative des performances des placements : « 40 ans de performances comparées 1979 – 2019« , édition 2020. Cette approche long-terme des performances (qui peut être segmentée sur plusieurs périodes plus ou moins longues) a l’avantage de prendre en compte plusieurs cycles complets avec plusieurs crises majeures (choc pétrolier, krach boursier d’octobre 1987, éclatement de la bulle internet en 2000, crise des subprimes en 2008). Même si la crise de la Covid n’a pas encore été intégrée à date.

Analyse des TRI sur 40 ans

D’après une analyse sur la durée les gagnants à très longs termes (30-40 ans) sont :

  • les actions (13,2% de TRI), le logement parisien (11,4% de TRI) les foncières (10,7% de TRI)
  • Une durée longue permet de gommer les variations extrêmes

20 ans : entre 1999 et 2019 l’immobilier sous toutes ses formes ; (foncière, commerces France, logement Paris, logistique France, SCPI, bureaux France, OPCI) ; truste les premières places avec des TRI compris entre 8,3% et 12,1%/an.

10 ans les actions présentent un TRI de 8,5 % et les foncières un rendement 8,1 %.
Sur les 5 années récentes (2014-2019), la logistique a particulièrement performé (14,6%) dans les actifs immobiliers. Portée par l’e-commerce et les investissements dans la supply-chain de la grande distribution. La crise de la Covid-19 devrait confirmer cette tendance positive.

Meilleur placement : risque et rendement

Une vision du rendement via le couple rendement/risque permet d’avoir une vision plus complète. Sans surprise, les rendements élevés coïncident avec une volatilité élevée. Une durée de détention longue permettra de lisser cette dimension pour se rapprocher du rendement moyen.

Sur plus courte période, en revanche la volatilité, prend toute sa dimension : ainsi lors de la crise de la Covid-19, les indices boursiers ont été divisés par deux avant de rebondir fortement pour quasiment doubler et atteindre de nouveaux records à date.


Meilleur placement : quels placements éviter ?

Chaque placement doit être adapté à la situation de l’investisseur. Néanmoins, certains placements peuvent apparaitre actuellement moins attractifs :

  • Livret A et contrat euros de l’assurance-vie ont désormais un rendement net négatif (même si l’assurance-vie peut être attractive fiscalement dans une optique de transmission)
  • Dans le cadre d’un placement court terme, les SCPI étant donnés les frais de souscription qui seront difficilement amortis
  • L’investissement locatif en direct sans incitation fiscale dans les zones tendues. Malgré des conditions de financement attractives, les rendements locatifs bruts sont très faibles (avant frais, charges, impôt, périodes de vacances) mènent à un rendement net nul voir négatif. Cela limite les possibilités d’emprunt. Cela suppose également un pari sur une éventuelle plus-value alors que les cycles de la valorisation (pouvant être exprimé en années de revenu nécessaire pour acquérir un bien par exemple) sont à des plus hauts historiques.
  • Étant donné les niveaux de valorisation des indices boursiers au plus haut en termes absolus et relatifs (par exemple selon l’indice CAPE ou Shiller) cette classe d’actifs peut sembler particulièrement risquée dans une optique court/moyen terme. Elle invite en tout cas à une forte sélectivité
  • Les placements à but uniquement fiscal.

A chaque profil son meilleur placement ?

Finalement le meilleur placement est grandement influencé par la situation de l’investisseur et les objectifs poursuivis.

Meilleurs placement : placer à 30 ans et préparer l’avenir

En investissant en tant que trentenaire, on est à un âge où l’on commence a priori à acquérir une certaine indépendance financière et une capacité d’épargne satisfaisante.

  • En se projetant sur une longue période on peut utiliser au mieux le levier de l’endettement
  • On peut simuler diverses stratégies (assurance-vie vs. mix assurance-vie/action + résidence principale par exemple)
  • L’acquisition d’une résidence principale peut-être intéressante à long-terme. Attention au timing et aux contraintes cependant. Liées par exemple à un déménagement prévisible, étant donné les frais importants de transaction en cas d’achat/revente).
  • Le graphique ci-dessous permet de mesurer la valorisation finale d’un capital investi régulièrement sur longue période en fonction du rendement annuel. Du fait de la capitalisation, le capital final constitué dépendra beaucoup des premiers placements.

Meilleurs placements : préparer sa retraite et prévoir sa succession

À un âge plus avancé dans une optique à la fois de revenus complémentaires à l’âge de la retraite et de transmission, ont peut-être amené à réorienter ses priorités :

  • Placer sur des profils de risque moins agressifs pour sécuriser les gains
  • Utiliser les dispositifs fiscaux, étant donné que l’on se trouve a priori dans une période où la fiscalité est importante (revenus plus élevés, sortie progressive des enfants du foyer fiscal)
  • Prévoir éventuellement des dispositions favorables à la transmission (contrat d’assurance-vie, schémas de donations)

Meilleurs placements : assurer un revenu récurrent complémentaire

Pour assurer des revenus récurrents complémentaires, certains produits sont plus particulièrement adaptés :

  • Immobilier locatif ou SCPI (pour une meilleure liquidité et diversification) avec plus ou moins de levier
  • Crowdfunding (crowdlending) permettant de toucher des coupons bruts de 4% à 10%/an, sans frais avec faible ticket d’entrée et la possibilité d’une bonne diversification
  • Pour les personnes qui disposent déjà d’actifs immobiliers, déjà arrivés à l’âge de la retraite sans problématiques de succession, la cession en viager peut-être une solution envisageable. Elle permet de monétiser son bien immobilier en touchant un capital et une rente tout en conservant l’usage ou l’usufruit du bien de son vivant.

Placements : que pensent les Français ?

Au-delà des recommandations et de visions théoriques, que pensent les Français et terme de placement ?

Le Baromètre AMF de l’épargne et de l’investissement des Français

« L’Etude annuelle sur les attitudes et opinions des épargnants à l’égard des produits financiers » réalisée annuellement dans le cadre d’un sondage commandé par l’AMF, fournit quelques réponses. L’étude poursuite plusieurs objectifs :

  • « Cerner les opinions et attitudes générales des français en manière d’épargne
  • Dresser un état des lieux actualisé des comportements d’épargne
  • Analyser la perception des placements financiers disponibles sur le marché
  • Approfondir l’image de la Bourse et des produits boursiers »

. Ainsi titre la quatrième édition, le Baromètre AMF de l’épargne et de l’investissement – 2020 (réalisé après qui plus est en fin d’année après le premier confinement) amène les constats suivants :

  • le patrimoine moyen augmente avec l’âge
  • les personnes avec un revenu supérieur à 50k euros sont propriétaires à 87%
  • 85% des sondés épargnent régulièrement (dont 54% via des virements programmés)
  • 48% (+6 pts) pensent connaitre bien ou très bien le domaine des produits d’épargne et des placements financiers
  • Niveau de risque et rendement sont les principaux critères pris en compte (au sein d’une liste de choix assistés)
  • La moitié des Français refuse tout risque en termes de placement
  • Un rendement supérieur à 5,2% est nécessaire à une majorité de répondants pour accepter un risque de perte en capital
  • Seul 1 Français sur 5 estimait que la crise du Covid-19 devrait le conduire à changer ses placements à long terme.

Les critères de choix des Français pour leurs placements

image.png

La répartition des placements des Français

Selon l’AMF, le taux de détention des produits d’épargne et autres actifs patrimoniaux se répartit de la façon suivante :


On peut noter une forte présence de la composante la moins risquée : livrets d’épargne et contrat euros d’assurance-vie. Cela n’est pas l’allocation la plus pertinente pour valoriser son patrimoine à long-terme.

Meilleurs placements : Conclusion ?

Peut-on dès lors déterminer le meilleur placement financier ? La réponse n’est pas univoque :

  • Il n’existe pas d’allocation optimale, celle-ci doit s’adapter aux objectifs et contraintes de l’investisseur
  • Outre des montants absolus, taux de rendement, liquidité, risque/volatilité et fiscalité permettront d’arbitrer entre les différentes solutions
  • On peut essayer d’optimiser le couple risque/rendement : horizon, durée de détention suffisante et diversification sont les deux outils pour atteindre cet objectif
  • Actions et immobilier se sont révélés comme les investissements les plus rentables sur le long terme (le crowdfunding offre par ailleurs une nouvelle opportunité d’investir sur ces thématiques)
  • Les Français restent encore trop averses aux risques (détention directe d’actions en bourse, de pierre papier ou de contrat en unité de compte encore très marginale)

Publication originale le 29 avril 2021, mise à jour le 29 avril 2021

Sujet(s):

Articles recommandés