Le placement de la trésorerie d’entreprise

Mis à jour il y a 8 mois

Avec des taux sans risque devenus négatifs, le placement de sa trésorerie d’entreprise est devenu un véritable défi. Pourtant des solutions pour investir la trésorerie des entreprises existent. Ces opérations de placement de trésorerie doivent prendre en compte les contraintes liées au profil de risque accepté par l’entreprise. Cette stratégie de placement de trésorerie d’entreprise peu s’inscrire dans une optique plus large d’optimisation de la trésorerie et de l’activité.  En ce qui concerne les supports d’épargne, il existe un éventail de solutions dont certaines telles que le « crowdlending » conservent un rendement net positif avec un niveau de risque maîtrisé.

Quel profil de placement choisir pour la trésorerie entreprise ?

Le placement de la trésorerie d’entreprise, doit se faire en respectant les règles générales de gestion équilibrée de l’épargne, des limites éventuelles spécifiques (statut de l’entreprise) et les contraintes de l’activité.

La durée optimale du placement de trésorerie

A priori toutes choses égales par ailleurs, le rendement de l’investissement croit avec la durée de placement. En fonction de l’horizon de temps dont on dispose pour placer sa trésorerie d’entreprise, il sera possible d’opter pour une durée plus ou moins longue.

La liquidité de l’investissement

La trésorerie est le « fuel » de l’activité de l’entreprise et le garant de sa survie. La possibilité de pouvoir accéder à tout moment ou à terme au « cash » en pouvant liquider l’investissement – et sous quelles conditions – est un élément clés à prendre en compte

Le couple risque/rendement

Ces deux notions vont de pair. Il faut adopter un profil équilibré cohérent avec le niveau de risque acceptable pour la société. Certaines initiatives (placement en devises en par exemple) peuvent ajouter des contraintes et des niveaux de risque supplémentaires.

Diversification des placements

Même si le placement peut se limiter à une démarche opportuniste à court terme sur des produits sécurisés, il faut garder en règle générale à l’esprit la notion de diversification sur plusieurs supports qui diminuera le profil de risque.

Au-delà du placement, optimiser l’utilisation de la trésorerie de son entreprise

La trésorerie disponible dans l’entreprise disponible pour un placement éventuel est le résultat de flux excédentaires générés par l’activité de l’entreprise au sens large (en ce compris ses opérations de financement). Elle peut résulter d’une politique de distribution de dividende restrictive, de cessions d’actifs, de financements long terme excédentaires (dette bancaire…) Indépendamment du niveau de rentabilité elle peut être le fruit d’un cycle d’exploitation structurellement générateur de « cash » (BFR négatif). C’est le cas par exemple des distributeurs en grande surface dont le « business model » a longtemps reposé sur des marges minimales et le placement de leur trésorerie pléthorique (encaissement comptant des clients particuliers, paiement des fournisseurs à échéance).  

Obtenir des ristournes en réduisant les délais de paiement

Le cash excédentaire peut être le résultat d’un BFR (Besoin en Fonds de Roulement) négatif du fait par exemple d’une politique de règlement fournisseurs relativement longue (dans les limites désormais de la loi LME). Les excédents dégagés sont par nature court terme et offrent peu de perspective de placement. Pourquoi ne pas adopter une politique plus orthodoxe de paiement des fournisseurs (augmentation du BFR et baisse du niveau de trésorerie) en contrepartie de l’obtention éventuelle d’une ristourne ? Le rabais obtenu constituera un profit peut être supérieur au placement de trésorerie.

Acheter ses locaux

Les loyers versés à un bailleur externe le sont à fonds perdus. Pourquoi ne pas créer une structure externe détentrice des locaux qui s’endettera pour acquérir des locaux loués à la société ? Sur certains actifs (entrepôts, usine) la rentabilité locative peut-être proche de 10%. Dans un contexte de taux d’emprunt immobilier très bas, le bien pourra être quasiment auto-financé par les loyers. L’évolution de la valeur à terme présente un risque, cependant on s’inscrit également dans une optique où le bien à l’usage de la société. Le bail avec une société liée devra être à condition de marché et faire l’objet d’une convention réglementée.

Optimiser la trésorerie d’entreprise éviter frais inutiles

La pratique du « cash pooling » (éviter d’avoir des soldes excédentaires et déficitaires sur différents comptes) évitera le paiement de pénalités en face de placements court-terme sans risque qui par ailleurs un rendement quasi-nul. Dans le même ordre d’idée, la mise en place de lignes de crédit surdimensionnée (qui apportent certes une certaine sécurité) entrainera des « frais d’immobilisation » inutiles si elle n’est jamais tirée.

Racheter ses propres actions

Il s’agit d’une alternative à une politique de distribution (à condition d’avoir de réserves suffisantes pour réaliser l’opération). De nombreuses sociétés côté au Etats-Unis ont multiplié les opérations massives de rachats d’actions qui ont permis de soutenir les cours de leur action en « remuant » les actionnaires. Cela peut être fait avec la mise en place éventuelle d’un financement obligataire si le niveau de trésorerie nécessaire n’est pas suffisant, et permettre de sortir des actionnaires minoritaires. Certains diront cependant que l’on fait des rachats d’actions lorsque l’on n’a plus d’idées pour développer son entreprise….

Les solutions pour placer la trésorerie d’entreprise

L’éventail des solutions est large : coté ou non coté, échéances de plus ou moins long terme.  Le placement de trésorerie d’entreprise n’est cependant pas le « core business » de l’activité de l’entreprise, il ne doit pas la mettre en danger et à ses contraintes opérationnelles. Les règles de bonne conduite mise en avant précédemment devront être privilégiées en adoptant une optique de « bon père de famille ».

Placer dans un compte à terme (CAT)

C’est une solution de flexible et de facilité mai dont la rémunération actuelle est minimale. Il n’y a priori pas de contraintes en termes de montant de ticket d’entrée. A l’heure des taux négatif (liées au coût de 0,5% imposée par la BCE sur les réserves des banques) certaines banques ont commencé à « taxer» les dépôts des clients particuliers. Cela n’est pas encore possible en France et réservé a priori aux particuliers. Dans le cas contraire les CAT pourraient constituer une solution de replis intéressante.

Investir dans l’immobilier

Dans un perspective long-terme il est possible d’investir dans des SCPI (Société civile de placement immobilier) sur des actifs locatifs ou patrimoniaux. On peut également mise sur l’investissement en nue-propriété : on ne bénéficie temporairement pas de l’usufruit, mais ont achète avec une décote. A terme on récupère la pleine propriété.

Miser sur les contrats de capitalisation

Ces contrats de capitalisation sont des contrats d’assurance-vie investis sur différents supports. Les contrats en « fonds euros » ont jusqu’ici bénéficié de liquidité et de garantie en capital. Avec l’arrivé des taux négatifs, les rémunérations des taux sans risque et de « fonds euros » se sont effondrées et la politique des assureurs-vie incite à investir dans des supports plus risqués et plus rémunérateur que sont les contrats « UC » (Unité de Compte). 

Investir en crowdfunding

Le crowdfunding (et le crowdlending dans le cas de WeShareBonds) sont une nouvelle opportunité ergonomique, digitale et accessible aux trésoriers et dirigeants d’entreprises. Via des placements obligataires elle permet de financer l’économie réelle en prêtant à des PME avec un rendement brut cible d’ordre de 6%. Il est possible de diversifier ses placements et de varier les maturités et les modalités (in fine/amortissable) pour obtenir un profil de risque adéquat.

Mettre en avant une dimension responsable (RSE)

L’optique RSE (Responsabilité sociétale des entreprises) – une thématique en plein développement – peut-être un critère à prendre en compte dans le cadre de la politique d’investissement. Cela peut renforcer la démarche adoptée par ailleurs dans le cadre de l’activité de l’entreprise.

Publication originale le 27 février 2020, mise à jour le 19 mars 2020

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