[La série des placements exotiques] Le vin – WeShareBonds


A travers cette série d’article dédiée aux « placements exotiques », WeShareBonds, la plateforme de crowdfunding, fait le tour du monde des placements et commence par le vin.


Il y a quelques années, l’histoire de Michel-Jack Chasseuil, avait défrayé la chronique : ce particulier précurseur, simple employé, avait réussi à accumuler en 40 ans, un trésor de 40 000 bouteilles, dont de nombreux grand-crus, pour une valeur totale estimée à 40 millions d’euros. Il s’était vu réclamer le paiement de l’ISF… Il a depuis créé un musée. Son parcours illustre également l’inflation des prix qu’ont connu les grands vins.

Le vin est-il devenu un placement ?

La France a un rapport particulier avec le vin, et compte dans son terroir les appellations les plus renommées. Malgré l’internationalisation croissante, l’hexagone reste dans le peloton des premiers producteurs et consommateurs mondiaux.

Le vin est à la fois un produit de consommation mais avec le phénomène de rareté, il est également devenu un produit de spéculation. L’influence des pays émergents tels que la Chine, la mode développée aux Etats-Unis n’ont fait qu’amplifier le mouvement.

En tant que « sous-jacent » le vin possède l’avantage de faire l’objet de classifications quasi-immuables (on mentionnera par exemple le célèbre classement des vins de Bordeaux daté de 1855) fondées traditionnellement sur l’origine en termes de terroir et l’année de millésime.

Une révolution est également apparue avec le classement Parker lancé au début des années 1980 qui a commencé à noter les vins (sur 100) – au-delà des traditionnelles notions de terroir – avec une résonance internationale et une influence croissante sur les prix.

Il existe également des indices cotés tels que le Live-ex-Fine Wine, une sorte de CAC40 des grands crus ou l’indice WineDex®.

L’analyse du « marché » est par ailleurs alimentée par de nombreuses publications et guides issus de professionnels.

Ces différents éléments permettent au-delà du produit d’usage de constituer une classe d’actif à part entière pouvant faire l’objet d’investissement et d’échanges.

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Les différentes modalités : vin physique vs. vin papier

 

L’intérêt pour le vin en tant que placement peut prendre plusieurs aspects :

  • La détention physique : soit par le biais d’achats directs, auprès de producteurs de détaillants ou de de ventes aux enchères,
  • Les vin « papier » : par l’intermédiaire de fonds d’investissements (tels Uzès Grands Crus ou bien Nobles crus) dont certains sont agréés par l’AMF,
  • L’achat de parcelles : il est possible d’investir dans des Groupements Fonciers Viticoles qui seront mis en fermage en échange d’une dotation en nature ou en espèce. Ils offrent par ailleurs des avantages en termes de fiscalité et de transmission.

Les avantages et contraintes

L’un des principaux avantages du vin (à l’instar du marché de l’art) est qu’il offre en sus de l’aspect financier une valeur d’usage (au pire il sera toujours possible de consommer, avec modération, même si l’addition pour parfois paraître salée !).

Le vin en tant que placement n’échappe pas au risque et à la volatilité. Il convient comme tout placement risqué de faire preuve de sélectivité. Il présente par ailleurs plusieurs contraintes :

  • Le coût de stockage dans de bonnes conditions de conservation, avec les risques d’altération ;
  • Les difficultés de « liquidité » éventuelles et les coûts à la revente (même s’il existe des plateformes de trading pour particuliers telles qu’IDealwine) ;
  • Les contraintes liées au vieillissement du vin : il est généralement admis que des grands-crus se bonifient avec le temps. Cependant certains vins peuvent également perdre leurs qualités passé un certain délai ;
  • La provenance et les risques de contrefaçon peuvent également être une problématique à ne pas négliger à l’achat comme à la revente ;
  • Hormis, l’offre et la demande, les classements relatifs, les modes et l’effet de rareté, il n’existe pas d’éléments totalement objectifs pour fixer la valorisation d’un vin qui reste sensible aux mouvements de spéculation.

Malgré l’énorme progression sur les dernières décennies, le vin et en l’occurrence les grands-crus (qui ne représentent que 0,1% de la production) peuvent constituer un sujet de placement. Cependant cela n’est pas exempt de risque et doit faire l’objet d’une allocation prudente et diversifiée. Malgré tout, le vin constitue un « placement plaisir » particulièrement sympathique et reste un marqueur social !

 


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