Ces PME Françaises championnes du monde dans les industries du sport


L’équipe de France de football vient de se qualifier en huitième de finale de la coupe du monde pour affronter l’Argentine ce samedi. Pour nous remonter le morale et pour espérer une victoire des bleus et pourquoi pas la deuxième coupe du monde vingt ans après le grand exploit des coéquipiers de Zizou, nous voulons mettre en valeur ces PME françaises, partiellement ou complètement méconnues du grand public, qui sont championnes du monde dans certaines industries du sport. 

La France, une nation sportive

La France, restera le pays qui a remis les Jeux Olympiques à l’honneur via le baron Pierre de Coubertin. La future organisation des JO Paris 2024 (100 ans après ceux de 1924) vient nous le rappeler.

La pratique du sport reste assez éclectique comme le soulignent les statistiques du nombre de licenciés, avec une prépondérance pour le football, sport phare, dont la France a remporté le mondial 98 (et elle dispose actuellement de l’équipe nationale la plus chère, même si la jeunesse des joueurs y est mathématiquement pour quelque chose (voir notre article Coupe du monde 2018 : comment les joueurs placent-il leur argent ?).

Au niveau de l’élite, la France conserve un des trois meilleurs ratios de médailles en rapport de sa population comme le soulignait l’historien du sport Patrick Clastres.

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Même si les données récentes manquent, la pratique du sport en France (au-delà des licenciés) aurait ainsi augmenté sur dix ans. L’économie du sport reste malgré tout encore relativement marginale représentant 1,6% des dépenses consommation des ménages (source : DGE : Enjeux et perspectives des industries du sport en France et à l’international) et 1,9% du PIB. C’est cependant un secteur dynamique, l’un des seul dont les dépense de consommation avaient augmenté sur 5 ans (avec le secteur du bricolage).

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Un tissu de PME dans des industries du sport

On se souvient du rachat controversé d’Adidas par Bernard Tapie, mais l’économie du sport concerne surtout des PME qui adressent un marché mondial estimé à 1200 milliards de dollars. En effet, certaines PME ont su devenir « championnes du monde » dans certaines industries du sport parfois sur des secteurs de niche. En voici quelques exemples plus ou moins connus :

Dans le domaine des sports de montagne on pourra mentionner Peltz, une société grenobloise partie du monde la spéléologie, qui a su profiter du boom de la pratique de l’alpinisme (et même se diversifier vers l’équipement professionnel). On pourra également citer Beal, leader mondial des cordes d’escalade. Pour connaître une croissance à deux chiffres elles ont misé sur l’innovation, la technicité et la sécurité maximale de leurs produits.

Pour se différencier dans le monde la gymnastique, la société Christian Moreau, référence dans les juste-au-corps, a misé sur le haut-de-gamme, la capacité à personnaliser les produits, via un développement principalement axé des prescripteurs en club, au point d’équiper la grande majorité des équipes olympiques mondiales (y compris l’équipe de Chine aux JO de Beijing).

La société Blaise Frères, qui confectionne des lames haut-de-gamme pour l’escrime est un bel exemple de reconversion (elle faisait à l’origine du matériel agricole puis des canes à pêches). Elle exporte 92% de sa production et a fait appel à des alliages issus de l’aéronautique pour produire des lames d’une grande technicité.

Dans un autre domaine, la société Prozone-Amisco (rachetée par le leader américain Stats) a surfé sur la vague de professionnalisation du sport en tant qu’inventeur d’une technologie de suivi et de données d’analyse sportive. Elle est devenue leader mondial dans le domaine du football en équipant les principales équipes en vue d’améliorer les analyses techniques et la préparation des matchs et des équipes.

Plus connu, Cornilleau, qui faisait dans les années soixante de la menuiserie, est devenue le leader mondial du tennis de table, présente dans 75 pays, et réalisant 45% de son chiffre d’affaires à l’export. Elle n’a pas hésité à faire appel à Michelin pour élaborer le revêtement de ses raquettes.

Misant sur une pratique d’origine bien française, l’entreprise familiale La Boule Obut a su segmenter son offre et conserver une place incontestée de leader sur son marché de niche.

Enfin la société du Morbihan, Heol Composites, spécialiste des matériaux composites, a développé une technicité reconnue mondialement dans les « foils » – ces ailerons permettant d’augmenter la vitesse des bateaux – au point d’équiper la majorité des équipages de la course du Vendée Globe.

La problématique de la croissance et du financement

Pour se développer, l’ensemble de ces PME ont dû miser sur plusieurs éléments

  • S’adapter aux usages et à la demande, quitte à se reconvertir
  • Miser sur l’innovation et développer des produits reconnus pour leur technicité
  • Exploiter l’image, valoriser le savoir-faire « français » et maintenir dans la mesure du possible une partie de leur production en France (quitte à parfois faire face à des difficultés de recrutement)
  • Se développer pour la plupart à l’export, au point d’y réaliser souvent la majorité de leur chiffre d’affaires,

Toutes ces problématiques nécessitent d’être financées ne serait-ce que pour maintenir un outil industriel en France, ou financer l’export. Ces dépenses (crédit de trésorerie, financement des recrutements, innovation, marketing…) par nature immatériels mais nécessaires pour rester en pointe, ne sont pas toujours suffisamment financés par les banques. Par ailleurs la levée de fonds propres est une démarche relativement structurante (engageant des notions de valorisation, d’indépendance et de gouvernance).

Dans ce cadre le crowdfunding/crowdlending est un outil particulièrement adapté : complémentaire des sources de financement bancaires et en fonds propres pour un coût intermédiaire (taux de 4 à 10%), il offre une grande flexibilité en terme de montants, d’utilisation des fonds et de modalité (in fine ou amortissable, durée de 2 à 7 ans). L’existence de fonds de crédit adossés, comme c’est le cas chez WeShareBonds, lève par ailleurs l’aléa lié au succès de la levée. Il permet enfin de s’adresser directement au public, et peut-être à la base des pratiquants, ce qui en fait un média particulièrement adapté aux PME du secteur du sport. A quand le futur champion français financé en crowdlending ?


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