Pourquoi des obligations d’entreprise plutôt que des obligations d’Etat ?


Les obligations d’Etat rémunèrent peu en comparaison des obligations d’entreprise

Les obligations émises par les entreprises privées portent intérêt à des taux qui sont en général nettement plus élevés que ceux que paient les Etats souverains (obligations d’Etat) ou les entreprises publiques, ce qui traduit et rémunère le risque qu’elles ne puissent faire face à leurs obligations, c’est-à-dire le risque de faillite.

En théorie, ce risque de faillite n’existe pas pour les Etats souverains occidentaux, c’est pourquoi on identifie en général les taux d’intérêt qu’ils paient au « taux sans risque » : en août 2015, ces taux sont négatifs à 5 ans pour les emprunts d’Etat allemands (-0,03%), et très légèrement positifs pour les emprunts français (0,2%), ou italiens (0,8%, ce qui montre que les acheteurs de titres publics considèrent que l’Etat italien a un risque de défaut légèrement plus élevé que les Etats allemands ou français).

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La rémunération des obligations d’Etat est dé-corrélée du risque associé

Les crises récentes, notamment la crise financière de 2007/2009, la crise européenne de 2009 à 2013, la crise grecque de 2009 à aujourd’hui, ont quelque peu relativisé cette idée que les obligations d’Etat sont absolument exemptes, quelle que soit la gravité d’une crise, de tout risque de défaut. Mais la réglementation, et notamment la réglementation bancaire, est encore construite sur l’idée que les obligations d’Etat sont exemptes de risque, de sorte que les banques peuvent en acheter sans mettre beaucoup de capital en face . De plus, la Banque centrale européenne achète massivement des créances d’Etat (quantitative easing). Il en résulte que les taux d’intérêt sur ces actifs sont maintenus très bas, indépendamment de l’appréciation de marché de leur niveau de risque réel.

Ceci n’est pas vrai pour les obligations d’entreprise. La prime qu’elles paient par rapport aux obligations d’Etat constitue une  rémunération fixée par le marché pour le risque de défaut, qui varie selon chaque entreprise. La banque centrale n’en achète pas. Les banques qui les achètent doivent y consacrer une part de leur capital, pour assurer leur solvabilité si une récession venait à provoquer une montée du taux de défaut.

C’est donc sur le marché des obligations d’entreprise, même s’il est un peu plus risqué, que l’épargnant peut espérer trouver une rémunération « juste », c’est-à-dire fixée par la confrontation des offres et demandes et non par des biais politiques ou réglementaires, du risque de défaut inhérent à toute obligation.

 


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