Private equity : Que représente-t-il pour les PME en France ?


Aux côtés des financements bancaires et des modes de financement participatif émergents tels que le crowdfunding, le private equity, le capital investissement est la voie privilégiée pour le financement des PME. Comme son nom l’indique, il a pour principale vocation de financer les entreprises en fonds propres (même si nous le verrons, la majorité des opérations consiste en des opérations de rachats via LBO). À l’occasion de la publication des statistiques de l’AFIC (Association Française des investisseurs en Capital) faisons un point sur cette industrie.

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Le marché du private equity se porte plutôt bien

Au niveau des gérants, l’année 2016 a été plutôt bonne avec un montant record de 14,6Mds d’euros levés (+51%) et ce malgré les incertitudes liées à l’élection présidentielle 2017, avec également un intérêt renforcé des investisseurs étrangers (45% des montants).

Au niveau des montants investis dans les entreprises, la tendance est également positive :

  • 12,4Mds€ investis dans des entreprises, renouant ainsi avec les niveaux d’avant la crise des subprimes
  • Un record de 1900 entreprises PME-ETI financées
  • 85% d’entreprises françaises, avec pour principal secteur : l’industrie
  • Par ailleurs 1400 entreprises ont fait évoluer leur capital, montrant ainsi une certaine liquidité du marché

Dans ce tableau plutôt positif, un biais cependant, la hausse du segment capital-transmission (7,6Mds€, +25% constituant la grande majorité du total) au détriment du capital-développement stable (3,85 Mds€) et du capital innovation toujours en dessous du milliard d’euros (avec certes une hausse appréciable du nombre de cibles financées : +27%). Les opérations de capital-transmission peuvent être vues de manière positive, dans la mesure où elles peuvent coïncider avec l’apparition d’une nouvelle génération d’entrepreneurs, qui redonne un nouvel élan aux entreprises dont les propriétaires souvent fondateurs souhaitaient passer la main. Les détracteurs, souligneront que ces opérations souvent réalisées avec effet de levier, introduisent un frein à la croissance de ces PME qui doivent supporter le point d’une dette d’acquisition, et que l’on est là avant tout en présence de purs montages financiers.

Vaincre l’equity gap ?

Sur l’ensemble des entreprises financées, 81% ont reçu un investissement de moins de 5M€ (environ les deux tiers, moins de 1M€). Par ailleurs 54% des investissements concernaient des opérations de réinvestissement.

Au final malgré des montants significatifs, on peut se rendre compte que cela concerne qu’une très faible minorité des entreprises au regard par exemple des 250,000 entreprises suivies par la Banque de France.

Par ailleurs l’un des gros problèmes rencontré par les PME est celui de « l’equity gap » qui concerne principalement des financements inférieurs à 1M€ dans un espace où l’entreprise sort du champ d’intervention des business angels mais n’est pas encore dans le scope des fonds et du « capital investissement ».

Selon France-Angels -qui fédère 10,000 business-angels depuis 2001 au sein de 77 réseaux-  environ 43M€ ont été investis par leur biais en 2016 (un montant stable sur plusieurs années), avec par ailleurs une part croissante (41%) allouée à des réinvestissements, les opérations ayant portées sur un montant moyen d’environ 100k€. Les opérations se sont enfin concentrées sur deux secteurs: digital (45%) et santé (22%).

L’opportunité du crowdfunding

Face à un secteur du capital investissement qui ne couvre pas l’ensemble des PME (avec même une tendance à aller vers des tickets plus importants sur des entreprises matures), et à des réseaux de business angels aux capacités limitées, le crowdfunding peut constituer une véritable opportunité pour les PME, comme pour les épargnants.

En effet, côté épargnant, l’activité de business-angel ou de private equity est a priori réservée à des candidats possédant des capacités d’investissement unitaire de plusieurs milliers d’euros voir de plusieurs dizaines ou centaines de milliers d’euros (selon les véhicules de private equity). En terme d’horizon d’investissement, malgré des rendements parfois attractifs, l’horizon d’un véhicule de private equity reste également de l’ordre de 10 ans.

Grâce à une certaine flexibilité, de par sa nature et de par outils digitaux qu’il mobilise, le crowdfunding  – que ce soit le crowd-equity ou le crowdlending – permet de mettre les investisseurs en prise directe avec des projets. L’investisseur s’inscrit à la fois dans un processus normé et encadré par des professionnels de l’investissement, tout en gardant sa capacité de choix et d’arbitrage. Par ailleurs les durées peuvent être relativement courtes (chez WeShareBonds, nous proposons des prêts de 2 à 5 ans, in fine ou amortissable), et les montants pouvant être investis par chaque épargnant couvrent un spectre très large de quelques euros à plusieurs centaines de milliers d’euros par opération.

Encore émergent en France, ce marché sera-t-il s’imposer comme une véritable classe d’actifs comme c’est déjà le cas au Royaume-Uni, aux côtés des marchés bancaires et du capital investissement ?

  • 10 000 Business Angels fédérés depuis 2001
  • 77 réseaux de Business Angels (réseaux régionaux, réseaux sectoriels & anciens élèves de grandes écoles et Université, réseaux à l’étranger)
  • 17 membres associés, soit 9 professionnels associés et 8 investisseurs associés
  • 386 opérations menées par les business Angels
  • 41,2  millions d’euros investis en 2015 et 124 Millions d’euros avec les Co investisseurs pour un effet de levier : x3
  • Un investissement moyen de 143 K€ par entreprise financée
  • 32% des montants investis sont du refinancement

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