Sell and Go Away !


Après la nouvelle offensive de Donald Trump sur la Chine, le CAC 40 a connu la plus forte chute depuis 3 ans. Le marché parisien s’est effondré de 3.57%, une baisse d’ampleur inédite depuis 2016. L’adage boursier “sell in May and go away” illustrant le fait que les grandes crises boursières ont eu lieu entre mai et octobre (crash octobre 1929 et 1987, crise de « subprimes » en 2008) se justifiera-t-il cette année ? Alors que les indices (boursiers, immobiliers) sont au plus haut et volent de record en record, peut-on faire l’économie d’évoquer au moins le sujet ? Par ailleurs le crowdlending peut être un outil adapté pour gérer au mieux l’existence des cycles.

Une vision à long-terme qui reste gagnante

Difficile de jouer les Cassandre tant les placements en actions et en immobiliers sont sans conteste les placements les plus rémunérateurs sur de longues périodes et notamment les plus récentes. Après la flambée début 2000, l’épisode Enron et la crise des « subprimes », les actions (et la valorisation des actifs en général) ont été portées par une baisse sans précédent des taux d’intérêt, l’accélération de mondialisation en faveurs des grands groupes avec les relais de développement en Asie, l’émergence des GAFA et, au final, la plus longue phase historique d’expansion de l’économie à la fois en Chine et aux Etats-Unis.

Pourtant les défis pour ces valorisations se font pressants : guerres commerciales, potentiel « hard-Brexit », incertitude sur les cycles de taux alors que ces-derniers ont atteint des seuils parfois négatifs, volatilité sur les changes. Par ailleurs pression sur certains secteurs traditionnels (automobiles, production énergétique, commerce traditionnel) du fait des enjeux écologiques et des effets de la digitalisation, ralentissement de la croissance mondiale et incertitude en Chine…

Factuellement Nasdaq et le S&P (a plus de 3000 points) ont établi récemment un record historique. Le S&P500 et le CAC40 ont également réalisé depuis le début de l’année la meilleure performance semestrielle depuis 10 ans. Quant aux valorisations de l’indice phare français elles sont avec un ratio VE/EBITDA supérieur à x10 également au plus haut depuis 10 ans. Le mouvement de hausse est général ainsi que le montre les graphiques que nous avons établis à partir des données de clôture depuis 2016. Les valorisations des actifs immobiliers auraient suivi les mêmes tendances.

Source data: yahoo.finance – 31 juillet 2019

Passer un été serein…

Que dire à part que « jusqu’ici tout va bien » alors que les banques centrales envoient des signes de soutien en faveur d’une continuation de baisse des taux (la FED vient d’ailleurs de baisser ces derniers pour la première fois depuis la crise de 2008). Celle-ci semble même être le principal soutien des marchés (plus que les résultats des entreprises). Les niveaux de taux de banques centrales se retrouvent également dans les taux immobiliers qui sont en France au plus bas (1,25% en moyenne) malgré des durées record (231 mois). Par ailleurs les politiques accommodantes ont jusqu’ici surtout alimentées la hausse du prix des actifs, permis un maintien du service de la dette des états et peu de relance budgétaire.

Dans ce contexte et (au vu notamment du bon début d’année et du « rally » depuis les points bas fin 2018), certains diront que « les arbres ne montent pas au ciel ». Que faire si l’on choisit de se mettre à l’abri pour l’été ? Plusieurs stratégies peuvent être possible :

  • vendre pour retourner en « cash »,
  • réorganiser son portefeuille via du « stock-picking » en faisant des arbitrages en fonction des performances de chaque ligne. Il est également possible de « vendre à découvert » certaines actions pour immuniser son portefeuille.
  • acheter une protection avec des options en achetant des « put » sur les indices ou les actions. Cette stratégie peut cependant être coûteuse est imparfaite (choix du « strike », pricing de l’option, durée de couverture). La solution de couverture malgré son caractère plus complexe peut avoir l’avantage d’éviter de devoir matérialiser des plus-values latentes avec l’impact fiscal éventuel.

Cycles vs. Tendance : l’atout du crowdfunding

Difficile d’avoir cependant un timing toujours parfait en tant qu’investisseur. Une stratégie trop pro-active peut même parfois se révéler contreproductive en faisant perdre des opportunités. Dans le cas d’actifs immobiliers, par nature peu liquides et avec des coûts de transaction important et une fiscalité dégressive, avoir une stratégie court terme est même assez illusoire.

On aura beau rappeler que miser sur une tendance et une conviction long-terme peut souvent se révéler gagnant. Pourtant une stratégie moyen/long terme peut être utilement combinée avec des stratégies alternatives, permettant d’avoir son épargne placée tout en pouvant saisir les opportunités de marché.

Placer un volant de son épargne dans des projets de « crowdlending », notamment en prêt amortissable, offrira un rendement cible annuel de 6% tout en récupérant régulièrement des flux de remboursement et d’intérêts. Ceux-ci pourront être alors replacés, soit dans de nouveaux projets, soit par exemple sur d’autres types d’actifs (marché actions) selon les opportunités. Sauf dégradation radicale de l’environnement économique, les portefeuilles de prêts bien diversifiés seront a priori moins sensibles à une évolution défavorable de la conjoncture et du niveau des taux.

Au-delà d’une approche tendancielle, le crowdlending peut-être ainsi un outil adapté pour gérer au mieux les cycles au côté de la détention d’autres actifs financiers.

 


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