[La série des placements exotiques] L’or, un placement alternatif à considérer ?


l’or

WeShareBonds continue son tour du monde des placements exotiques et met le cap sur l’or. Porté aux nues dans le langage courant (« l’âge d’or », « la parole est d’argent mais le silence est d’or »), l’or est-il un placement alternatif à considérer ?

l’Or : un métal, une dimension multiple

L’or est souvent considéré comme une valeur refuge tant sa valeur immuable semble inscrite pour durer. Les partisans des cryptomonnaies n’ont d’ailleurs pas hésité à établir une comparaison directe pour tenter d’établir leur légitimité.

Même si l’or n’a plus le rôle de valeur étalon dans les échanges monétaires, les états, via leur banque centrale, continuent d’en détenir des stocks dans leur coffre. Au-delà de sa valeur symbolique ou purement financière, l’or est également une matière première qui sert à la composition d’œuvres d’art et de bijoux. A ce titre, l’Inde et la Chine, géants économiques en devenir, sont les principaux acteurs de ce marché.

Plus récemment, les controverses autour de l’ouverture d’une mine géante en Guyane (potentiel de développement contre impact écologique) a rappelé l’intérêt économique représenté par ce métal.

 

Les différents supports

Vous n’avez pas découvert la pierre philosophale vous permettant de transformer le plomb en or ? Plusieurs supports vous permettront d’accéder à cette « valeur refuge » :

L’or physique :

Vous pouvez opter selon vos moyens pour le lingot d’un kilo (il vous en coûtera actuellement près de 38 000 €), le lingotin de 100g ou la pièce Napoléon de 20 francs. A noter que le prix n’est pas directement proportionnel au poids (comme pour les carats diamants). Les petits supports (pièces) ont une prime parfois importante dans leur cours. Celle-ci est liée à l’offre et la demande, aux coûts de fabrication, etc. Cet or physique nécessite par ailleurs un coût de stockage et présente une sécurité faible en cas de vol (absence d’élément d’identification). Si l’on exclut la solution du bas de laine, il en coûtera de quelques centaines d’euros pour un coffre en banque, jusqu’à 2% par an pour une solution de conservation dédiée.

L’or papier :

Cette solution (fonds, certificats) permet de répliquer les performances de l’or pour un coût de détention moindre. Si l’on cherche à se prémunir contre une défaillance systémique de l’environnement bancaire, il faudra cependant s’interroger sur le risque de contrepartie de l’établissement émetteur. Traditionnellement, le cours de l’or est influencé par la hausse des monnaies émergentes, qui donne du pouvoir d’achat aux acheteurs. Certains supports incluent ainsi une protection contre le risque de change, et ils peuvent parfois être placés dans des contrats d’assurance-vie.

Sociétés liées à l’or :

Il est également possible d’investir dans des producteurs (mines) ou des sociétés de joaillerie qui ne manqueront pas de se revaloriser en cas de hausse des cours du métal.

 

En bref

Sauf si vous êtes totalement réfractaire à ce type de placement, l’or conserve quelques spécificités. Avec une bonne liquidité en tant qu’actif, on peut le considérer comme un produit de diversification contra-cyclique :

  • Considéré traditionnellement comme une valeur refuge, il est souvent plébiscité en période d’incertitude économique ou d’inflation. Ne produisant pas d’intérêt, il est une solution comparativement appréciée en cas de baisse des rendements financiers.
  • Il peut être envisagé comme une protection face au risque de dévaluation monétaire, dans une perspective de politique expansionniste des banques centrales.

Fiscalement, le cadre de l’or n’est pas très favorable. L’or est soumis à une taxe de 11,5% du prix de cession ou bien un régime de plus-value réelle. Mais également à une taxe de 36,2% dégressive avec le temps (22 ans pour une exonération). Cela nécessite par ailleurs de pouvoir documenter de façon précise l’acte d’achat. Bonne nouvelle tout de même ; l’or n’est pas inclus dans l’assiette de l’IFI.


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