[La série des placements exotiques] Les terres rares


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Dans la série des placements « exotiques », nous avons récemment évoqué le marché de l’or, nous nous penchons aujourd’hui sur le sujet des « terres rares ». Attention, il ne s’agit pas d’un investissement foncier dans un lieu paradisiaque ! L’expression désigne un groupe de 17 métaux, qui sont utilisés dans le cadre de la fabrication de produits high-tech.

 

Les terres rares, qu’est-ce que c’est ?

Les terres rares regroupent 17 métaux : le scandium, l’yttrium, et les quinze lanthanides (Lanthane, Cérium, Praséodyme, Néodyme, Prométhium, Samarium, Europium, Gadolinium, Terbium, Dysprosium, Holmium, Erbium, Thulium, Ytterbium, et Lutécium).

Contrairement à ce que ce nom indique, les minerais concernés ne sont pas si rares, ils sont même plutôt répandus. La notion de rareté et plutôt liée au fait qu’ils sont difficiles à détecter et à extraire. Le processus pour les extraire est très polluant, avec un fort impact environnemental, voire la présence de déchets radioactifs.

De ce fait, de nombreux pays ont fermé leurs exploitations de terres rares. Sauf la Chine qui bénéficie d’un quasi-monopole sur la production mondiale (on trouve loin derrière l’Australie et les Etats-Unis).

Les applications

Les applications des terres rares sont multiples et indispensables pour de nombreuses industries de pointe :  automobile (batteries de voitures électriques et hybrides), produit high-tech (LED, puces de smartphone, écrans d’ordinateurs portables). Elles sont également indispensables pour les applications de l’économie verte (panneaux photovoltaïques, éoliennes). Elles concernent également les industries du secteur de la défense (capteurs de radars et sonars, systèmes de ciblage d’armement).

Il s’agit donc d’un élément hautement stratégique ; avec un champ d’application qui s’est considérablement élargi depuis les premières expériences industrielles dans les années 40 dans le cadre du « projet Manhattan ». La France a d’ailleurs créé en 2011 le Comes (Comité pour les métaux stratégiques). La Chine avait, de son coté, imposé un temps des quotas sur ses exportations. Cette décision avait entraîné une flambée des cours, renforçant la réflexion des autres états sur les sources d’approvisionnement et un possible lancement d’une propre production.

 

Faut-il investir dans les terres rares ?

L’accès à l’investissement en terre rares n’est pas facile et on peut se poser la question de l’évolution des cours à long-terme :

  • Rareté et équilibre entre l’offre et demande (monopole Chine, nouvelles productions…)
  • Quelle évolution de la demande (déclin du marché des PC, maturité sur le smartphone, véhicules électriques) et impact des solutions de recyclages ?
  • Quelle transparence et liquidité du marché ?

L’AMF avait d’ailleurs émis un avertissement sur certaines solutions proposées et les risques induits (comme elle le fait généralement sur la plupart des placements « exotiques »).

Un des principaux moyens d’investir sur cette thématique est par exemple via l’ETF REMX. Mais comme le montre le graphique, la performance n’a pas vraiment été au rendez-vous depuis le pic de 2011…

Source : www.etf.com

Il est toujours possible de viser plus largement cette thématique via des actions de sociétés minières.

Comme nous l’avons évoqué, le marché des terres rares reste assez opaque avec des positions monopolistiques. Mêmes si elles ont leur utilité pour l’industrie, il s’agit d’une exploitation particulièrement polluante qui peut en rebuter certains. Pourquoi ne pas miser plutôt sur les industries du recyclage de métaux ? Elles ne manqueront pas de se valoriser en cas de pénurie ou de hausse des cours.


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