Pourquoi il a fallu attendre une start-up pour disposer du premier simulateur de crédit professionnel en ligne


WeShareBonds vient de lancer le premier véritable simulateur de crédit professionnel en Europe capable de donner un devis immédiat. Pourquoi il a fallu attendre une start-up pour disposer de tel outil pourtant très répondu pour les crédits de consommation ?

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La création d’un simulateur de crédit online instantanée aux PME est possible

À l’heure du « bigdata », dont l’utilisation abusive peut parfois conduire à des dérives, la digitalisation des échanges peut permettre d’améliorer considérablement l’accès au financement des entreprises.

Sans aller jusqu’à mentionner les technologies des fintechs liées à la « blockchain » qui permettront bientôt de fluidifier et de sécuriser les échanges en offrant des systèmes de certification documentaire notamment, l’état actuel de la digitalisation permet déjà de proposer aux PME un financement quasi instantané et directement en ligne.

Face à la nécessité d’emprunter, il est en effet primordial pour l’entrepreneur de pouvoir bénéficier d’une rapidité de décision dans l’octroi de crédits et d’une transparence dans les critères retenus.

Par définition les financements en crowdlending/crowdfunding ne sont pas soumis aux règles prudentielles des ratios de solvabilité de Bâle propres aux bilans des banques (voir notre article Prêt bancaire professionnel, comment les banques fixent-elles les taux ?) et ne font pas l’objet d’une prise de sûreté ou d’un fléchage formel vers une utilisation spécifique des fonds et d’un formalisme juridique assez standardisé. Même si l’échange avec le dirigeant puis le comité de crédit permettront de confirmer la décision, l’analyse est fondamentalement liée à un système de scoring et de ratio financier fondé sur les éléments financiers de la société.

De ce fait, il est parfaitement possible sur la base des principaux chiffres de l’entreprise notamment (chiffres d’affaires, rentabilité et niveau d’endettement notamment) d’établir un scoring et de formuler une offre indicative présentant un montant, une durée et un taux. Nous sommes ainsi partis de ce constat chez WeShareBonds pour proposer un outil innovant avec le lancement du premier véritable simulateur de crédit professionnel en Europe pour les dirigeants de PME (voir notre article WeShareBonds lance la 1re offre de crédit en ligne 100% automatisée pour les dirigeants de PME).

Les raisons du retard des banques

Alors que les banques semblent finalement avoir pris le pas de la digitalisation, il n’existe pas encore d’offre de crédit en ligne pour les PME. Cela est-il lié au fait que l’offre de crédit reste encore considérée comme un produit d’appel, jugé complexe, aux côtés notamment de la gestion des fameux « flux » et des prestations liées qu’il convient d’alimenter via une relation plus directe ? Ou bien de freins internes et de la force des structures en place ? De fait, les banques possèdent des systèmes de scoring interne mais elles ne communiquent pas à leur sujet et même la notation Banque de France élément-clé de l’analyse et qui concerne de nombreuses PME ne fait pas vraiment l’objet d’une pédagogie particulière.

Dans le domaine du crédit aux particuliers, une offre online existe déjà. Mais là encore les acteurs ne sont pas positionnés favorablement lors du débat sur la création d’un « Registre National des Crédits » – finalement censuré par le Conseil Constitutionnel- qui aurait permis de présenter une vision globale et centralisée de la situation d’endettement des emprunteurs, le seul fichier disponible restant celui des incidents de paiement a posteriori et des interdits bancaires. Est-ce à dire que les principaux acteurs du secteur qui possèdent déjà de nombreuses données sur les clients n’avait pas intérêt à partager l’information avec de potentiels nouveaux entrants ?  Un tel fichier aurait pourtant permis de faciliter l’octroi de crédits aux meilleurs candidats et de mieux prévenir le surendettement.

Vers une plus grande transparence de l’information

Pour continuer à stimuler l’accès au crédit, les acteurs économiques ont tout à gagner à ce que l’information financière soit la plus transparente possible et de la meilleure qualité possible. Les limites liées aux libertés individuelles évoquées par le Conseil Constitutionnel ne s’appliquent pas vraiment aux PME. À ce titre, l’on peut être sceptique concernant l’arrêt de l’obligation de publication des comptes de résultats lié à la loi Macron (prise certes dans une optique de protection contre les concurrents, cette mesure ne s’applique pourtant pas à tous) et des préconisations actuelles de relèvement des seuils pour la nomination d’un commissaire aux comptes qui joue un rôle central dans la l’amélioration de la qualité de l’information financière des entreprises.(voir l’article de Cyril Tramon : « Les commissaires aux comptes dans la tourmente », notre avis)

Le succès ou non de la mise en place de la norme Européenne DSP2 relative à la centralisation des soldes bancaires des clients via des API prévu à l’horizon 2019, sera également un test pour aller vers une plus grande transparence de l’information. Certes cette nouvelle donne bouscule les acteurs établis qui souhaiteraient « garder la main » sur leurs clients, mais au final le secteur à tous à gagner d’un plus grand partage de l’information qui pourra amener la mise en place de nouveaux services, d’un meilleur financement de l’économie et favorisera sans doute les acteurs les plus « vertueux » qui accepteront de jouer le jeu.


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