La FAQ pour tout savoir sur l’effet de levier

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Mis à jour il y a 3 mois

L’effet de levier est utilisé pour augmenter sa capacité d’investissement au-delà de ses ressources financières propres.

Qu’est que l’effet de levier ?

Comme dans la vie courante ou on utilise l’effet de levier pour multiplier sa force. L’effet de levier permet, dans le cadre d’un investissement, d’augmenter sa capacité d’intervention.

Réaliser un investissement est uniquement possible en autofinancement, en fonds propres, ou en faisant appel à des ressources externes en utilisant un effet de levier.

Cela peut être soit nécessaire (on ne dispose pas personnellement de la somme suffisante pour mener à bien le projet) soit l’on juge qu’il est plus optimal d’utiliser des ressources externes en empruntant.

Ensuite, le levier vient du fait que les ressources externes (emprunt) financent le projet, mais ne sont pas intéressées au partage du profit. Par exemple, un investisseur réalise un investissement immobilier de valeur 100 : il apporte 20% de fonds propres et emprunte 80%. En supposant qu’il le revende via 200. Son profit net sera : 200 – 100 – les intérêts de la dette. En finançant en font propre, il réalisera un multiple de x2 (200 / 100). Avec le levier il réalise un multiple de (200 – 80 – intérêts de la dette) = 120 /20 soit un multiple de presque x6 sur la mise de départ.

En théorie, avec un capital de 100, l’investisseur aurait pu réaliser 5 projets au lieu d’un seul avec l’effet de levier. Cela implique, cependant, que le prêteur ait confiance dans la capacité de remboursement de l’emprunteur à honorer ses échéances (les flux intermédiaires -remboursement et coupons, coupons dans le cas d’un prêt In Fine) et par ailleurs à disposer de garanties suffisantes (garantie, hypothèque, caution, etc.). Le taux d’intérêt de la dette ne doit pas non plus dépasser le rendement espéré du projet pour que cela reste attractif.

Dans quelles situations utilise-t-on l’effet de levier ?

Lors de l’acquisition d’un bien immobilier pour le louer.

Au-delà de la mise de fonds, on emprunte le complément pour effectuer l’acquisition du bien immobilier. Les ressources de l’emprunteur (loyers, ressources propres) doivent permettre de rembourser les échéances.

Lors de la reprise d’une entreprise en LBO

La reprise d’une entreprise en LBO (« Lervage Buy Out »), autrement appelée « Acquisition avec Effet de Levier » est ainsi propice à cette utilisation. Le repreneur et ses associés achètent la cible via une holding. Cette holding acquiert 100% de la cible. Les ressources de la holding sont les fonds propres apportés par les acquéreurs via des fonds propres et un emprunt bancaire (dette d’acquisition LBO). La dette d’acquisition sera remboursée par les profits opérationnels de la cible qui seront versés en dividende à la holding. Pour que le système fonctionne, la société cible doit, par définition, être profitable et générer du « cash-flow » pour pouvoir verser des dividendes. La dette doit être proportionnée à la capacité de remboursement. La banque fixe la dette sur la base d’un multiple de l’EBE de la cible (Excédent Brut d’Exploitation). Elle nantisse 100% des titres de la société opérationnelle afin de pouvoir revendre la société à son profit en cas de défaut de l’emprunteur.

Lorsqu’on est gérant d’actifs

Les gérants d’actifs, les hedge-funds notamment, utilisent beaucoup l’effet de levier. Par exemple, en achetant des options : ils paient notamment une prime pour acheter un « call ». Ce terme représente un droit d’acheter un sous-jacent à un prix prédéterminé. Pour illustrer cela : l’action Amazon vaut 90. Le fonds paie 2 de prime pour avoir le droit d’acheter avant 3 mois à 100. Si l’action passe à 115, le fonds dénoue sa position et empoche 15 net pour une mise de 2. L’action Amazon s’est ici appréciée de 28%, mais le profit généré sur l’investissement est de +650%. Si le prix n’avait pas dépassé 100 il aurait cependant perdu l’intégralité de sa mise de 2.

Les options sont traditionnellement utilisées dans le commerce (matière première, devise). Elles permettent de « se couvrir » et sont ici utilisées dans une optique spéculative. Cela implique que deux contreparties s’entendent. Par ailleurs, pour éviter un défaut de la contrepartie, la partie dont la position est potentiellement perdante, peut se trouver à devoir honorer des appels de marge. Cela se réalise généralement par un blocage des sommes nécessaires pour couvrir la perte potentielle. C’est également le cas du marché à terme. On y prend un engagement à terme qui ne nécessite pas de mise de fonds immédiate. Dans un cadre de gestion professionnel, ces actions doivent être encadrées par un contrôle des risques. Cela permet d’éviter de trop grandes expositions financières et de garder un équilibre (comme l’affaire de Jérôme Kerviel l’a illustré).

Quels sont les risques et avantages de l’effet de levier ?

Tout d’abord, l’avantage de l’effet de levier est de multiplier, grâce à l’emprunt, les ressources financières disponibles au-delà de ses ressources propres (son capital) pour réaliser un projet. Cela permet de réunir la somme nécessaire au projet. Ensuite, si le projet s’avère fructueux et profitable, on aura pu accéder à une opportunité d’une taille supérieure à ce qu’il aurait été possible de faire grâce à ses ressources propres. Le multiple réalisé sera proportionnellement supérieur à l’effet de levier. Si l’investissement s’apprécie et double, le profit sera x2 dans le cas d’un autofinancement à 100%. Si l’investissement a été réalisé avec deux tiers de dette, le profit sera de x4.

Enfin, le risque de l’effet de levier, pour l’investisseur, est que celui-ci se transforme en « effet massue ». En reprenant l’exemple précédent : si l’investissement se déprécie de moitié, l’investisseur qui aura autofinancé perdra 50% de sa mise (50 sur 100). Avec un financement 2/3 en dette, il revendra à 50 devra rembourser 66. Il perd donc l’intégralité de sa mise de 33 € et aura en plus une dette de 16 à honorer ! Un effet de levier mal calibré ou portant sur des investissements risqués, peut s’avérer très dangereux. La contrepartie qui permet l’effet de levier va généralement exiger des garanties. Celles-ci peuvent correspondre à un nantissement du bien acquis, des sûretés, cautions ou à un collatéral tel qu’un contrat d’assurance-vie.

Publication originale le 25 novembre 2020, mise à jour le 25 novembre 2020

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